Risque d’explosion des conduites addictives : dommage collatéral du confinement ?

Si certains jouissent du confinement en se posant, en créant ou en faisant un tas de choses qui avaient été mises en suspens, pour d’autres, cette période rime avec ennui, solitude et angoisse.

Trio qui peut faire basculer plus d’un dans une dépendance quelconque ou emmener dans des eaux troubles plus profondes.

L’anxiété passe de ponctuelle à quotidienne…

Analysons les différents cas de figure possibles…

1. Ceux qui consommaient déjà pas mal sans s’en rendre compte

Ainsi en est-il de ceux qui avaient une vie professionnelle et sociale chargée et qui consommaient pas mal d’alcool tous les jours mais sans en avoir pris pleinement conscience. Vient ensuite le confinement qui peut surprendre en générant une certaine nervosité et un certain manque. On tourne comme un lion en cage et l’appel d’un petit verre se fait sentir de façon plus manifeste. Parfois on commence plus tôt dans la journée alors qu’avant c’était seulement le soir…Et voilà que soudain la consommation questionne…

La peur de ne pas avoir assez de stock, fait que l’on a souvent plus de bouteilles, de drogues sous la main avec in fine le danger d’en consommer plus au lieu d’avoir des réserves.

Les joueurs et acheteurs compulsifs ne sont pas en reste : les voilà confinés devant leur ordi où la tentation est grande. Certains sites l’ont compris et proposent des offres alléchantes pour nous faire vaciller encore plus vite.

Si on travaillait beaucoup et que l’on se retrouve au chômage durant le confinement, ce n’est plus une fenêtre ouverte à consommer mais une grande baie vitrée qui s’ouvre.

La dépendance peut parfois surprendre au travers des courses. Un seul membre de la famille y est recalé et si ce n’est pas la personne qui consomme qui s’y colle, il est parfois difficile de passer « commande » à l’autre alors qu’avant ça passait plus inaperçu (resto, verres à l’extérieur, courses plus disparates…). C’est alors la gêne qui grandit : gêne de se montrer, d’être à nu avec nos vulnérabilités.

Les tranquillisants voient eux aussi leur dose grimper face au climat anxiogène du moment.

Autant d’éléments qui font que le confinement va nous confronter à nos zones d’ombres en souffrance.Ceux dont le sevrage était encore tout frais avant d’entrer en confinement

2. Ceux dont le sevrage était encore tout frais avant d’entrer en confinement

Voilà que ces personnes commençaient à sortir de l’enfer et à voir une lumière au bout du tunnel…jusqu’à ce que le confinement soit décidé !

Pour peu qu’elles se retrouvent sans leur réseau social, sans travail pour occuper l’esprit, sans salle de sport pour se défouler et avec parfois un climat familial plus tendu : la tentation est grande de rechuter ! Sans oublier que parfois un type de consommation en appelle un autre. Ainsi l’augmentation des apéros peut engendrer la rechute de la clope, de la coke, de la bouffe, du joint. Comme si un produit en rappelait automatiquement un autre !

La période de confinement peut aussi rendre plus lancinante la petite voix diabolique de : « ce n’est pas pour une fois, ce n’est pas pour un/une…allez juste pour tenir le coup momentanément… ». Et tout le monde sait « qu’une fois » est souvent un leurre !

3. Ceux qui n’étaient pas spécialement dépendants mais qui risquent de le devenir !

La plupart d’entre nous boivent leur petit verre de vin (ou de bière) le soir après une longue journée de travail et après avoir fait le taxi pour les enfants. D’autres préfèreront un petit joint juste comme ça pour célébrer un moment de détente la journée terminée.

Rien de grave là-dedans…

Sauf que durant le confinement, ces petites habitudes peuvent s’étendre insidieusement, l’air de rien : un peu plus, un peu plus tôt dans la journée… On ne verra pas le vent venir ou encore on relativisera en se disant que ça passera « après ».

Le tout est de savoir quand viendra cet « après » et comment il sera orchestré !

Alors oui, parfois ça passera une fois que la vie reprendra son cours, parfois pas…la dépendance se sera déjà installée.

Pour ces personnes, seule la fin du confinement permettra de jauger les conséquences.

Limiter la casse :

  • Surtout continuez vos démarches médicales et psychothérapeutiques via les vidéos consultations. Ce n’est pas le moment de naviguer seul(e).
  • Gardez en tête vos repères de consommation avant et voyez à quel point vous vous en éloignez.
  • Laissez la culpabilité et les jugements négatifs de côtés : à part générer un « foutu pour foutu autant se laisser aller », ils ne vous seront d’aucune utilité pour progresser
  • Décidez de moments fixes pour consommer et mettez tout en œuvre pour les respecter.
  • Demandez l’aide de vos proches pour cacher ce qui ne doit pas être consommé hors de vos créneaux.
  • Maintenez vos liens sociaux : téléphonez à vos proches, communiquez via les réseaux ou les applications caméras
  • Planifiez votre temps libre : l’action est le meilleur antidote à l’angoisse ! Structurez vos journées et trouvez des choses à faire
  • Maintenez une activité sportive autant que possible.

Conclusion :

On est bien d’accord ce n’est pas parce que vous consommez un peu plus d’un produit pendant le confinement que vous allez automatiquement tomber dans une dépendance profonde. Plusieurs facteurs interviennent pour installer une dépendance sur le long terme : facteurs psychologiques, familiaux, génétiques, environnementaux …

Néanmoins, ne minimisons pas le risque non plus, les conduites addictives ne doivent jamais être prises à la légère ! Si vous sentez que ça dérape ou qu’un proche dérape, n’hésitez pas à demander de l’aide.

Je vous souhaite une semaine empreinte de douceur de vivre

Florence : Pour potentialiser votre bien-être et vous aider à devenir la meilleure version de vous-même !

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