Troubles du comportement alimentaire et confinement : une vulnérabilité accrue ?

Qu’advient-il des personnes souffrant de TCA en ces temps troubles du Covid 19 et du confinement ?

Le climat anxiogène dans lequel nous baignons actuellement a de fortes chances de les rendre plus vulnérables. Mais est-ce le cas pour toutes les personnes atteintes de ces troubles ?

Et qu’est-ce qui risque d’être particulièrement ardu durant cette période ?

Qu’est-ce qui peut aider ?

Voyons cela ensemble…

Je précise que dans cet article, j’évoquerai essentiellement les problèmes de boulimie et d’hyperphagie car je traiterai de l’anorexie et du confinement dans un article distinct qui sortira d’ici quelques jours.

De la même manière, je parlerai du risque accru d’autres conduites addictives sur mon blog « Se libérer du tabac et autres addictions ».

1. La bonne nouvelle

Aussi surprenant que cela puisse paraître, le confinement chez certains va générer une amélioration de leur trouble ! Si, Si !

Pour peu que les compulsions alimentaires étaient reliées à un boulot particulièrement stressant ou en désaccord avec vos envies profondes ou que l’ambiance au travail vous plombait…Vous pouvez être agréablement surpris(e) par une nette amélioration de votre relation à la nourriture !

Pour peu que l’ambiance familiale soit bonne et que le confinement vous donne l’opportunité d’enfin vous poser, de ralentir le rythme et de prendre soin de vous, ce sera aussi tout bénéfice pour vous et ce même si vous craigniez une détérioration du symptôme au début .

2. Oui mais pour d’autres….

Comme je l’ai déjà évoqué dans de nombreux articles sur ce site, boulimie et hyperphagie sont souvent en lien avec la gestion des émotions. Ces symptômes visent la plupart du temps à canaliser une série d’angoisses et un surplus émotionnel trop lourd à porter.

C’est là que le danger guette !

La situation liée au coronavirus est particulièrement anxiogène pour de nombreux individus.

Outre la peur de la maladie en tant que telle, on va retrouver pour certains de l’ennui, des craintes liées à un isolement ou au contraire à des tensions familiales exacerbées par le confinement.

Les courses deviennent encore plus anxiogènes que d’habitude, les salles de sport ont fermé leurs portes et le poids devient plus sensible… Autant de facteurs oppressants qui peuvent fragiliser les personnes atteintes de TCA.

Pour revenir sur les courses, la peur d’une pénurie a amené nombre d’individus à stocker…

Résultat : des rayons effectivement vides !

Alors évidemment, les personnes souffrant de troubles alimentaires compulsifs ont également fait leurs réserves par crainte de manquer. Les voilà donc confrontés à leurs pulsions face à des armoires pleines à craquer et un frigo rempli de nourriture fraîche…La lutte est d’autant plus dure et l’angoisse d’autant plus prenante.

Le poids a plus de chances de subir des variations : des apéros supplémentaires, une compensation dans le sucre, moins d’activité physique…

3. Ne vous déclarez pas la guerre !

Boulimie/ hyperphagie et monde émotionnel sont étroitement liés :

Je me sens submergé(e) par mes émotions ou mes angoisses et je mange voire j’engloutis pour les anesthésier. Je culpabilise ou j’ai honte ce qui entraîne une seconde vague émotionnelle dont je ne veux pas…et je remange…

Cycle sans fin parfois interrompu par des périodes de restrictions.

Mais ces restrictions envoient comme messages à votre corps :

Je refuse mes émotions, je refuse la prise de poids, je refuse tout ce que je ressens.

Ce qui en soit représente une grande violence envers soi-même. La vengeance du corps et des émotions non entendues sera d’autant plus grande : le poids refusera de lâcher et les compulsions auront tôt fait de revenir au galop.

En bref, vous faire la guerre ne vous sera d’aucune utilité, vous serez perdant(e) !

Dire : « Ta gueule » à vos ressentis et vouloir tout cadenasser n’est ni plus ni moins que de la maltraitance envers votre personne. Ce sont nos points sensibles qui ont le plus besoin de notre amour pour évoluer !

Une de clés pour en sortir sera de profiter de ce confinement et d’un peu plus de temps avec vous-même pour faire la paix avec votre corps et vos émotions.

Commencez par accueillir ce que vous ressentez : « je reconnais et j’accepte de ressentir cela… »

Mettez une pause sur les jugements négatifs que vous avez envers vous-même et optez pour le mode « écoute de soi bienveillante »

4. Ce qui peut donner un petit coup de pouce

Bien sûr il n’y a pas de baguette magique et le processus n’est pas simple mais quelques clés supplémentaires peuvent aider :

  • Évitez de regarder les informations en boucle : si vous tenez à être informé, limitez votre temps d’écoute ou de lecture sur le Covid 19 et son nombre de morts dans le monde !
  • Dans la mesure du possible, répartissez vos courses dans plusieurs placards, voire même mettez une partie de votre stock à l’abri du regard.
  • Mettez les mets sucrés à l’arrière d’autres aliments.
  • Faites vos menus pour la semaine en fonction de ce que vous avez et du nombre de personnes présentes durant le confinement.
  • Ne vous interdisez aucun aliment pendant le confinement mais prenez le temps de savourer chaque bouchée.
  • Prenez le temps d’écouter votre corps et vos véritables envies avant de manger ; faites de même après avoir consommé (voir les 7 clés pour être naturellement mince sur ce site).
  • Prenez une pause détente/ relaxation de 10 minutes avant chaque repas.
  • Si vous vous sentez seul(e), songez à contacter un(e) ami(e), un(e) collègue avant d’entamer votre repas.
  • Profitez de ce temps de confinement pour prendre soin de vous avec bienveillance et faire des choses qui vous font du bien (et qui avaient été mises à la trappe dans la cadence infernale d’avant le Covid 19).
  • Renoncez à vous peser tous les jours, ne laissez pas la balance donner le ton à votre humeur toutes les 24 h.
  • Tenez un journal émotionnel : l’occasion de noter ce que vous ressentez non seulement avant ou après le repas mais aussi au gré des évènements qui ponctuent votre journée et voyez quels outils vous pourriez mettre en œuvre en fonction de ce que vous aurez observé.

5. Continuer son suivi médical et psychologique

Le confinement ne doit surtout pas vous amener à interrompre votre traitement !

Les téléconsultations continuent et même s’il faut parfois un laps de temps pour se familiariser avec cette nouvelle formule, il vaut mieux garder le suivi !

Si d’autres troubles vous accompagnent (dépression, TOC…) ou que vous avez un traitement médicamenteux, gardez contact avec vos médecins, ce n’est pas le moment d’arrêter net.

Si vous êtes suivi(e) par une diététicienne ou nutritionniste, gardez aussi le fil par des consultations en ligne

Conclusion :

La période que nous vivons est inédite et compliquée pour beaucoup, aussi ce n’est pas le moment de monter d’un cran vos exigences et votre perfectionnisme. De la même manière, vous ne pourrez jamais contrôler toutes ces données que le monde entier a du mal à gérer.

Le temps est venu de faire place à la douceur et de faire simplement de votre mieux selon l’énergie du jour. Et s’il y a des « ratés » à vos yeux dans vos conduites alimentaires, profitez du temps qui vous est donné pour décoder ce que ces « ratés » vous disent de vous et de vos besoins.

Je vous souhaite une douce semaine à l’écoute de vous-même !

Florence

Pour potentialiser votre bien-être et vous aider à devenir la meilleure version de vous-même !

2 thoughts on “Troubles du comportement alimentaire et confinement : une vulnérabilité accrue ?

  1. Merci beaucoup Florence, votre article tombe à point nommé ! ❤️✨

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