La prégorexie ou la course à la grossesse mannequin

 

Nom peu connu, la prégorexie est un trouble du comportement qui vient toucher certaines femmes enceintes et qui se traduit par la hantise de prendre le moindre gramme.

Qui est touché ?

Généralement, il s’agit de femmes déjà atteintes d’anorexie et /ou de boulimie avant de tomber enceintes. Les troubles peuvent aussi avoir fait partie d’un passé plus lointain.
Mais pas que…D’autres femmes n’ayant jamais souffert de TCA peuvent en souffrir.
Inversement, on peut avoir des femmes qui ont souffert d’anorexie/boulimie auparavant mais qui in fine vivent normalement leur grossesse.

Dans tous les cas, il s’agira de femmes ayant un rapport dysfonctionnel avec leur image.

Des signes qui doivent interpeller :

  • Une tendance à parler très peu de sa grossesse et à la cacher « comme si elle n’existait pas »
  • Une obsession du poids conduisant à des restrictions importantes et à peser tous les aliments.
  • Une phobie de voir son ventre s’arrondir.
  • Des conduites compensatoires tout comme dans la boulimie : vomissements, laxatifs…
  • Un déni des problèmes que cela peut engendrer, la peur de grossir l’emportant sur tout le reste.
  • Une non prise de poids voire une perte de poids même dans les derniers mois de grossesse.
  • Une activité sportive qui reste intense et non adaptée aux circonstances.
  • Vertiges, maux de tête et fatigue excessive résultant de prises alimentaires insuffisantes, d’excès de sport et de pratiques purgatives.

Rappelons qu’il est normal de prendre entre 10 et 16 kilos pendant une grossesse, cette prise pondérale est indispensable tant pour faire face aux changements physiologiques de la mère que pour fournir à l’enfant tous les nutriments dont il a besoin.

Des risques cruciaux pour la mère :

La malnutrition dont souffre la mère a beaucoup de chance d’entraîner une série de problèmes qui ne rimeront pas avec bonne santé :

  • Perte importante de masse musculaire
  • Des déséquilibres en eau.
  • Des dysfonctionnements conséquents au niveau hormonal et enzymatique.
  • Problèmes d’anémie.
  • Troubles du rythme cardiaque.
  • Chute de cheveux
  • Problèmes dermatologiques (sécheresse de la peau…)
  • Décalcification osseuse.
  • Un liquide amniotique réduit pouvant engendrer un décollement du placenta et mettre l’enfant en danger.
  • Une possibilité d’allaitement compromise.

Et sur le plan émotionnel, on notera un sentiment d’irritation et de grandes variabilités d’humeur.

Des risques vitaux pour le bébé 

Durant la grossesse :

  • Problèmes neurologiques.
  • Un développement intra utérin irrégulier et souvent retardé.
  • Possibilités de malformations.
  • Problèmes respiratoires et digestifs.
  • Mort fœtale

À l’accouchement :

  • Complications possibles durant le travail : insuffisance respiratoire, poids plume du bébé, une naissance prématurée.
  • Naissance sans vie.

Après l’accouchement :

  • Plus de chance de mourir au cours du premier mois.
  • Un bébé plus petit et fragile
  • Un risque accru pour l’enfant de développer plus tard du diabète, des troubles cardiovasculaires et d’être en surpoids sur long terme.

Conclusion

La prégorexie est un problème de santé grave qui met en danger tant la mère que l’enfant. Il est important de l’identifier le plus tôt possible pour pouvoir l’endiguer. Une équipe pluridisciplinaire sera essentielle pour soutenir au mieux la future maman dans cette période particulièrement anxiogène pour elle.

Je vous envoie le plein de douceur…Prenez soin de vous au mieux !

Florence
Pour potentialiser votre bien-être et vous aider à devenir la meilleure version de vous-même !

Quelle surveillance médicale pour la personne souffrant d’anorexie ?

Quels sont les paramètres médicaux à surveiller régulièrement ?
Sur quels critères doit-on s’appuyer pour une hospitalisation sur le plan physique ?
Sur quels critères se baser pour envisager une hospitalisation psy ?

Surveiller sa santé : une question vitale non négociable.

La personne qui souffre d’anorexie vit avec un état de santé fortement fragile, parfois au seuil de la mort. Son système immunitaire fonctionne à minima la rendant une proie facile pour les virus et autres bactéries.

On veillera donc à ce que certains paramètres soient régulièrement vérifiés :

  • Ionogramme sanguin.
  • Rythme cardiaque voire même électrocardiogramme.
  • Tension artérielle.
  • Paramètres hormonaux.
  • Examen ophtalmologique.
  • Ostéodensitométrie : pour rappel, la dénutrition fragilise considérablement le système osseux et entraîne un risque accru de fractures.

Signaux d’alerte nécessitant une hospitalisation pour raison vitale :

  • La rapidité et/ou l’intensité de la perte de poids.
  • Évanouissements.
  • Épuisement physique majeur dont la patiente se plaint elle-même.
  • Une tension artérielle frisant les 8 voire moins, un rythme cardiaque beaucoup trop lent montrant la souffrance du corps à fonctionner.
  • Un état de confusion, où la personne a du mal à rassembler ses idées, voir même à parler avec un débit normal. Lire ou avoir des activités intellectuelles devient compliqué alors que c’était ses domaines de prédilection auparavant.
  • Une occlusion intestinale.
  • Des globules rouges, des globules blancs et un potassium en chute libre : pour mémoire, un manque de potassium rend le risque cardiaque imminent.
  • Élévation du taux d’urée.
  • Une activité physique compulsive en dépit de tous ces critères, aggravant ainsi la situation.

Tous ces éléments sont hyper importants et doivent être gardés à l’œil. Ce qui n’est pas toujours évident car la personne en souffrance a parfois du mal à consulter et a une forte tendance à sous-estimer son état. Pas évident pour les proches non plus, l’anorexie est souvent une maladie longue qui s’étend dans le temps et par protection, l’entourage « s’habitue » parfois à cet état. Non pas qu’ils s’en foutent loin de là, ils sont toujours très inquiets mais des mécanismes de survie font qu’on ne peut pas rester collé à cette idée de danger imminent.

Signaux d’alerte nécessitant une hospitalisation pour cause de détresse psychologique :

  • Idées suicidaires récurrentes, voire tentatives de suicide avérées.
  • Automutilations à répétition.
  • Dépression majeure, bouffées d’angoisse.
  • Échecs multiples de prise en charge en ambulatoire avec in fine une aggravation des symptômes et une chronicisation établie.
  • Ambiance familiale tendue avec des conflits importants.
  • La présence d’autres addictions : drogues, alcool…

Conclusion

Si l’hospitalisation n’est pas la panacée universelle, vient un moment où elle devient vitale et indiscutable. C’est le cas lorsque la mort s’annonce doucement au travers d’un organisme prêt à lâcher ou des idées suicidaires de plus en plus présentes.

Il importera alors de trouver une prise en charge qui va considérer la personne dans sa globalité et l’aider à vivre avec plus de confiance en elle. Un traitement qui ne viserait que le gavage et la reprise de poids est le plus souvent voué à l’échec…

Je vous envoie un flux d’énergie pour que la flamme de vie se ravive en vous…

Florence
Pour potentialiser votre bien-être et vous aider à devenir la meilleure version de vous-même !

L’anorexie : « Plutôt mourir maigre que de vivre avec des formes »

Les troubles alimentaires passent longtemps inaperçus, ils grignotent le corps en silence et puis, tout à coup, ils frappent. Le secret est levé. Vous êtes en train de mourir »

Maria Hornbacher, Piégée. Mémoires d’une anorexique, 1999.

Dans cet article, nous allons voir ensemble toute la démesure qui anime la personne souffrant d’anorexie.

Pour rappel, comme souvent dans les troubles du comportement alimentaire, la maladie vient pallier à un conflit psychique, sorte de compromis entre une série de désirs contradictoires difficile à gérer. Dans le cas typique de l’anorexie, c’est la répression totale de ces désirs qui est visée en guise de solution. Tenter de tout maitriser pour survivre au tumulte intérieur.

Et c’est là que tout devient « hyper »

Hyper maigreur

Si la période de la chasse au gibier est ouverte en cette période, chez la personne souffrant d’anorexie, la chasse au gras est ouverte toute l’année, à chaque instant.
Que ce soit le « corps gras » ou en tout  cas perçu comme tel (tout morceau de chair étant vite affublé de bourrelet)  ou la traque au gras dans chaque aliment. L’esprit se trouve ainsi envahi par cette angoisse perpétuelle de vaincre toute trace de graisse.

Si la personne tente de maîtriser pas mal de ses émotions, une aiguille sur la balance penchant vers le bas va néanmoins susciter un hyper enthousiasme, sorte de rayon de soleil dans la journée. Inversément, qu’un gramme de plus s’installe et l’anéantissement ressenti est souvent abyssal. Le ventre, siège des émotions est la zone ennemie par excellence, toujours considéré comme étant trop rond.

Hyperactivité

Du sport, du sport, jusqu’à ce que l’organisme n’en puisse plus…
Outre cette activité sportive parfois déconcertante vu la faiblesse dégagée par le corps, chaque possibilité de mouvement compte (marcher en lisant ou en faisant ses travaux scolaires, faire plusieurs flexions pour prendre quelque chose dans une armoire, crisper ses muscles…). Même hospitalisées, ces personnes arriveront à tourner en rond dans leur chambre.
Notons néanmoins que si cette capacité à bouger autant est surprenante, vient toujours un moment où le corps aura de plus en plus de mal à tenir ce rythme inhumain pour le cœur.

Hyper obsession

L’anorexie fait plutôt bonne alliance avec les troubles obsessionnels compulsifs (TOC) et ce dans bien des aspects du quotidien. Ainsi, les rituels autour des repas suivront une ligne très stricte que ce soit concernant les horaires, la façon de trier les aliments, …Tout frein à ces rituels génèreront une anxiété bien douloureuse.

Des pensées toutes aussi envahissantes : la nourriture, le poids siègent ainsi complètement l’esprit, à chaque minute de vie qui passe.

Hyper médication

Que ce soit dans l’espoir de peser moins (diurétiques et laxatifs) ou que ce soit pour calmer les angoisses lancinantes (anxiolytiques, antidépresseurs).
Ce risque de dépendance sera à prendre en compte lors de la prise en charge.

Hyper déni d’un corps sexué

Les formes, les courbes disparaissent pour ne laisser apparaître que les os.
Un peu comme si la sortie de l’enfance ne voulait pas se faire…
À noter cependant que ce point peut être très variable d’une personne à l’autre. Pour certaines, la séduction et la sexualité ont encore leur place.

Hyper intellectualisation :

Seul le cerveau et les choses de l’esprit sont valorisées et considérées comme nobles.
À l’inverse les besoins du corps sont jugés avec le plus grand mépris.

Conclusion :

Même si la personne en souffrance vous donne parfois l’impression de toute puissance de part son comportement et l’impact de celui-ci sur l’entourage, l’anorexie est avant tout une douleur intense qui colore le quotidien et freine l’élan de vie.

Florence
Pour potentialiser votre bien-être et vous aider à devenir la meilleure version de vous-même !

La personne souffrant d’anorexie/boulimie et sa relation aux autres

Bien sûr, chaque individu est unique et a ses propres caractéristiques, ses propres nuances. Néanmoins, certaines tendances communes peuvent être relevées chez les personnes souffrant d’A/B et ces spécificités sont particulièrement manifestes dans l’univers émotionnel et relationnel.

Quelles sont ces difficultés souvent typiques ? Quels sont ces traits de personnalité peu ordinaires ?

Des montagnes russes

Tout d’abord, précisons que les personnes en proie à ces troubles du comportement alimentaire arrivent globalement à maintenir leur cercle social. Par contre, ces relations seront souvent teintées de montagnes russes émotionnelles. Un simple mot mal pris peut faire chavirer la relation du tout au rien. Ainsi les amitiés seront tantôt mises sur un pied d’estale, tantôt rejetées avant d’être à nouveau adorées. De part sa sensibilité, la personne en proie à l’A/B se sent vite blessée, déçue, incomprise, vide. En même temps comme elle est souvent empathique, généreuse, intelligente, elle peut aussi dépasser sa frustration. En bref, elle, comme son entourage seront ballotés entre un monde de Walt Disney et un monde d’agressivité et de reproches.

Les attentes affectives des A/B sont souvent intenses, exigeantes et si celles-ci ne sont pas remplies, on notera un soudain recul de la personne A/B dans sa caverne à l’abri du monde.

Une humeur en dents de scie

Ce « tout ou rien » se manifestera aussi dans l’humeur de la personne A/B : même si le lien avec vous reste stable, vous aurez tantôt à faire avec une personne pétillante, euphorique qui s’exprime avec de nombreux superlatifs (c’est génial, grandiose…) ; tantôt à une personne en plein down, dépressive aux idées bien sombres.
Dans les deux cas, on retrouvera un côté « Too Much » que ce soit dans les jours lumineux ou les jours sombres. Les personnes A/B se donnent souvent à fond et les moments d’épuisement en seront proportionnels. Ces périodes de fatigue intense réactiveront en elles un sentiment de vide sidéral voire même un sentiment morbide de culpabilité de « prendre trop de place ».

Et quand bien même les personnes souffrant d’A/B prendraient le parti de ne rien laisser paraître, sachez qu’à l’intérieur d’elles-mêmes elles sont souvent comme un volcan en ébullition. Si l’apparence semble sereine, leur monde intérieur est bien plus mouvementé.

De la sensation de toute puissance à la sensation d’être la dernière des nullités

De sortie ou devant réaliser une performance professionnelle, la personne souffrant d’A/B peut aussi osciller entre une grande confiance en elle et le sentiment de n’être rien sur terre. Elle peut même démarrer en étant radieuse, rayonnante pour ensuite avoir l’impression qu’une autre personne présente est plus belle ou intelligente qu’elle et basculer dans le sentiment d’être insignifiante et ridicule. Elle met la barre tellement haute que les chutes sont fréquentes et perçues comme la fin du monde.

Une difficulté à trouver sa place

La personne souffrant d’A/B a du mal à être parfaitement sereine et à l’aise avec les autres. Soit elle fera son show avec volubilité soit elle s’effacera  et l’attitude adoptée peut être variable d’un contexte à l’autre ou au détour d’un mot vécu comme blessant.

Des désaccords perçus comme des coups de poignard, comme un rejet

Les personnes souffrant d’A/B de part leur soif d’affection ont souvent tendance à prendre tout personnellement. Ainsi un avis différent sera automatiquement considéré comme un rejet, un conflit, une violence faite à sa personne.

De l’amour fusion à la rupture proclamée

De part ses blessures, les relations amoureuses vont elles aussi être en mode ON/OFF : si on caricature le trait, ou tout va bien ou l’on n’est pas fait l’un pour l’autre. On passe ainsi de l’envolée amoureuse à l’abyme profond.

Conclusion

En fait, on retrouve dans le mode relationnel de la personne souffrant d’A/B ce même concept d’amour/haine, d’attirance/rejet que celui vécu dans leur relation à la nourriture.
À la fois attachante et torturée…elle ne laisse personne indifférent.
Et elle doit à son hypersensibilité ses conduites et humeurs si imprévisibles.

Fatiguée, épuisée tous ses doutes et sentiments d’être persécutée ou incomprise s’en trouveront multipliés de façon intense.

Un fond jusqu’auboutisme qui fera son charme tout autant qu’il épuisera aussi à certains moments son monde des relations aux autres.

Des questions, des commentaires…La parole vous est donnée

Florence
Pour potentialiser votre bien-être et vous aider à devenir la meilleure version de vous-même !

Quelle attitude adopter face à un être aimé souffrant d’anorexie/boulimie ? Volet 2 : À privilégier

Après avoir vu dans notre article précédent ce qu’il était souhaitable d’éviter, nous allons voir cette fois ce qu’il est préférable d’adopter 🙂

Nous l’avons exprimé, vivre avec une personne souffrant d’anorexie/boulimie est aussi très difficile : les tensions peuvent être nombreuses, les repas deviennent des moments finalement redoutés, souvent on se sent coupable.
On se retrouve ainsi impuissant face à la toute puissance du trouble.

Alors que faire ?

Certains de ces conseils cités ci-dessous peuvent vous paraître très durs.
Pourtant vous savez que vous avez déjà essayé une large gamme d’attitudes différentes et ce sans succès.
Aussi difficiles que soient ces conseils, autorisez-vous à les tester.
Il ne s’agit pas d’abandonner l’être aimé en souffrance mais de recharger votre énergie pour pouvoir donner mieux et différemment.

C’est la raison essentielle pour laquelle vous devez absolument prendre le temps de décoller de la situation et de prendre soin de vous sans culpabiliser.

Vivre aussi pour soi

Si vous avez du mal à vous en donner la permission ou si vous êtes dépassé(e) par la maladie, n’hésitez pas à avoir recours à un professionnel qui pourra vous aider à mieux comprendre les recoins du symptôme et à reprendre votre vie en mains.
Vos propres besoins sont précieux, surtout ne les laissez pas s’étouffer.
Songez à vous faire plaisir même si cela vous semble futile.

Re-listez toutes ces petites choses qui vous font du bien, qui vous procurent de la joie… Ou en tout cas, toutes celles qui vous procuraient du bien-être avant d’être happé(e) par la maladie de votre proche. Une fois cette liste établie, programmez ces moments de détente dans votre agenda.

Comme je l’ai signalé dans le précédent article Quelle attitude adopter face à un être aimé souffrant d’anorexie/boulimie ? Volet 1 : À éviter la personne souffrant de TCA a besoin de sentir un peu de légèreté autour d’elle. Vos angoisses ne seront pas porteuses d’améliorations. Par contre, prendre soin de vous et montrer qu’on peut prendre plaisir à la vie seront beaucoup plus constructifs.

Si c’est votre enfant qui est en souffrance, veillez à préserver des moments à deux avec votre partenaire… Des moments où vous êtes en dehors de ce climat douloureux et où vous ne parlez pas de la maladie.

Quelle attitude adopter face à un être aimé souffrant d’anorexie/boulimie ? Volet 1 : À éviter

Nous verrons dans le prochain article, ce qu’il est préférable d’adopter

Commençons par un récit en 4 tableaux…

Danaée,  où le parcours d’une anorexique…

Danaée avait 13 ans quand elle en sombra dans l’enfer face à la nourriture. Plutôt mignonne, brillante élève, elle commença alors à faire une fixation sur son poids. Chaque partie de son corps fût scrutée avec mépris et considérée comme une masse de gras dégoulinante.
Dire qu’elle se voyait obèse est un euphémisme et pourtant la balance, elle, n’affichait que 35 kilos pour son mètre 60…
Elle s’enferma dans son monde, un monde hyper intellectualisé, où apprendre était sa seule façon de trouver sens à la vie. Un monde où la nourriture n’était que faiblesse humaine et s’affamer était perçu comme un ultime contrôle, une ultime performance.
Les jours commencèrent à être rythmés par le sport à outrance, les études et le calcul minutieux des calories ingérées…

Thérèse ou le témoignage d’une mère d’anorexique

Elle ne savait plus à quel Saint se vouer ; jamais on n’avait connu pareil problème dans la famille ! Pensez donc, une famille italienne où la nourriture est sacrée que dis-je divinisée ! Elle n’avait rien vu venir, elle pensait que sa fille voulait juste perdre 3-4 kilos rien de plus…Elle était si belle avec ses formes qui commençaient à voir le jour ! Et brillante élève avec ça : toujours première de classe, elle avait déjà à son actif quelques prix, quelques récompenses. Et puis, ce fut la chute, aujourd’hui en regardant sa fille, elle avait l’impression qu’elle sortait d’un camp de concentration ! Comment en était-elle arrivée là !? La culpabilité la tenaillait chaque jour davantage, qu’avait-elle fait ou manqué pour que sa fille sombre dans cette souffrance ? Et ce sentiment d’être devant un mur inébranlable contre lequel elle se sentait totalement impuissante…

Marc, jeune frère d’une anorexique

« Punaise, qu’est-ce qu’elle me gave avec ses minauderies ! Non, mais c’est pas possible, je suis sûr qu’elle compte la moindre calorie de ses 20 grammes de salade ! Elle va finir pas nous gâcher tous les repas de famille ! Mais bouffe bon sang, bouffe !  Et fous la paix aux autres ! Quoi ?  Tu ne veux pas des spaghettis ? Trop gras ?  T’inquiète, je vais les manger moi ! Heureusement que je suis là pour faire honneur à la cuisine de maman ! Note que l’avantage c’est que je peux me resservir à l’aise ! J’ai bien l’intention de profiter de la vie moi ! ».

Georges, le père

Décidemment, il ne comprenait plus rien aux femmes ! Il était sur le chemin du retour après une longue journée de travail, il rentrait chez lui…
Depuis quelques mois il appréhendait ce moment, plus particulièrement le moment du repas familial. Sa fille avait fondu et refusait systématiquement de se nourrir correctement, se contentant d’une pomme et de quelques feuilles de salade par jour. Sa femme quant à elle la harcelait sans cesse pour qu’elle mange ; ce qui avait pour seul résultat des conflits et des tensions. Sa  fille était obsédée par la nourriture qu’elle ingérait et son épouse obsédée par la nourriture que n’ingérait pas sa fille ! Il ne parvenait plus à se positionner, il avait bien saisi qu’entrer en lutte ne servait à rien mais il ne savait pas quoi faire d’autre et craignait que tout cela ne finisse par déteindre sur son couple et sur son fils. Ce dernier n’avait que 7 ans et respirait la joie de vivre depuis qu’il était né…Si seulement tout rentrait dans l’ordre …

Comme on peut le voir, être proche d’une personne souffrant d’anorexie ou de son autre versant, la boulimie, est loin d’être facile à vivre aussi. Si la personne en proie à un TCA est prisonnière d’une obsession infernale, ses proches sont en proie avec de vifs sentiments d’impuissance, d’incompréhension, de découragement.

L’être aimé ne vit plus qu’à travers la nourriture et son poids. Vous le voyez se métamorphoser, fondre ou grossir à vue d’œil. Ses variations d’humeur vous désarçonnent, vous ne le reconnaissez plus, vous êtes perdu. Chaque jour apporte son lot de conflits, d’interrogations, de discussions sans fin. Vous ne savez plus quelle attitude adopter, il vous semble avoir déjà tout essayer : des témoignages d’affection, de la rudesse, l’expression de vos angoisses, le chantage, la menace…Rien n’y fait, vous vous retrouvez face à un mur immuable. Vous vous sentez spectateur impuissant d’une souffrance chaque jour plus grande, d’une dégradation sans cesse croissante. Et vous souffrez aussi, la déprime vous gagne également. Vous culpabilisez, vous cherchez en vain une réponse à ce mal-être si étrange à vos yeux. Vous vous sentez pris en otage d’une situation qui vous échappe.

Le trouble prend ainsi toute la place dans la dynamique familiale, chacun membre voit sa vie rythmée d’une façon ou d’une autre par lui. Certains  parents en arrivent parfois à s’oublier complètement dans cette quête de sauver leur enfant.

Anorexie, boulimie et grossesse : Impact de l’une sur l’autre et vice versa !

Est-ce que le fait de souffrir de troubles alimentaires peut impacter une grossesse ?
Inversement, est-ce que le fait d’être motivée par l’enfant à naître peut aider à freiner ces troubles ?
Quid de ce que vit le fœtus ?

Voici les quelques questions auxquelles nous allons tenter de répondre.

Le début : la question de la fertilité

La femme qui souffre d’anorexie se retrouve souvent sans cycle menstruel et ce de part un poids insuffisant et d’autre part en raison d’une pratique sportive souvent très intensive.
Néanmoins, si sa fertilité est fortement touchée, elle n’en est pas pour autant nulle. Il suffit d’une période de rémission partielle ou d’une ovulation spontanée en dehors de tout cycle menstruel pour que cette capacité se réactive quelque peu.
Il reste que, en général, les taux de LH et FSH sont souvent précaires.
Si grossesse il y a, la restriction alimentaire reste relativement présente et les apports lipidiques sont nettement insuffisants.

La femme souffrant de boulimie (voir article sur la boulimie : mettre un lien), peut aussi voir ses possibilités d’être fertile impactées par son trouble.
En effet, même si son poids est souvent adéquat, des perturbations sont parfois présentes au niveau des règles et le risque d’ostéoporose est plus grand.
Si grossesse il y a, le fait de se faire vomir reste souvent présent avant, pendant et après..
Les enfants s’en rendront d’ailleurs vite compte plus tard…
Notons que les contractions du diaphragme causées par les vomissements restent dangereuses pour le bébé et peuvent entraîner des retards de croissance ou un accouchement prématuré.

Des traitements peuvent aider en cas de problème de fertilité.
Des stimulations auront alors lieu : les patientes souffrant de boulimie y répondent mieux que celles qui sont dans la restriction pure.

Remarquons que les hommes souffrant d’anorexie voient également leur fertilité dégringoler ainsi que leur taux de testostérone chuter (voir article « De l’importance de la testostérone »)