La dysmorphophobie : quand le corps perçu et le corps réel sont à des années lumières

Si nos petits défauts font le plus souvent notre charme et notre singularité, pour certains ils vont devenir le centre de l’attention et représenter des monstruosités invalidantes.
Mais quelle est donc cette maladie qui empoisonne la vie ?

Définition

La dysmorphophobie est un trouble de l’image de soi qui génère de très fortes angoisses d’où son classement dans les phobies et sa proximité avec les troubles obsessionnels compulsifs.
Dans cette maladie pour le moins complexe, la personne va se focaliser sur l’un ou l’autre défauts physiques, à la base objectivement minime voire même inexistant aux yeux des autres, et en faire le malheur de sa vie. La perception du « défaut » est à ce point déformée que l’idée d’être monstrueuse à voir n’est pas loin. Tout la vie de l’individu va tourner autour de cette perception erronée et une vive anxiété va s’emparer de la personne.

Des symptômes douloureux :

  • La personne est convaincue de sa perception peu importe que les autres disent le contraire. Pour elle, aucun doute, il s’agit d’une réalité absolue.
  • Apparition de crises d’angoisse face au miroir avec tremblements, sensation d’étouffement, palpitations…
  • Une tendance à la paranoïa : tellement convaincue de sa laideur, la personne aura le sentiment que tout le monde se moque d’elle et la trouve affreuse.
  • Une nette tendance au repli sur soi et à éviter au maximum tout contact extérieur. La vie sociale et professionnelle peut ainsi être fortement perturbée.
  • L’obsession peut parfois tourner véritablement au délire.
  • La quête est souvent infinie et la médecine esthétique n’aura que peu d’effets sur l’image de soi perçue. Le problème survivra à la chirurgie.
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La prégorexie ou la course à la grossesse mannequin

 

Nom peu connu, la prégorexie est un trouble du comportement qui vient toucher certaines femmes enceintes et qui se traduit par la hantise de prendre le moindre gramme.

Qui est touché ?

Généralement, il s’agit de femmes déjà atteintes d’anorexie et /ou de boulimie avant de tomber enceintes. Les troubles peuvent aussi avoir fait partie d’un passé plus lointain.
Mais pas que…D’autres femmes n’ayant jamais souffert de TCA peuvent en souffrir.
Inversement, on peut avoir des femmes qui ont souffert d’anorexie/boulimie auparavant mais qui in fine vivent normalement leur grossesse.

Dans tous les cas, il s’agira de femmes ayant un rapport dysfonctionnel avec leur image.

Des signes qui doivent interpeller :

  • Une tendance à parler très peu de sa grossesse et à la cacher « comme si elle n’existait pas »
  • Une obsession du poids conduisant à des restrictions importantes et à peser tous les aliments.
  • Une phobie de voir son ventre s’arrondir.
  • Des conduites compensatoires tout comme dans la boulimie : vomissements, laxatifs…
  • Un déni des problèmes que cela peut engendrer, la peur de grossir l’emportant sur tout le reste.
  • Une non prise de poids voire une perte de poids même dans les derniers mois de grossesse.
  • Une activité sportive qui reste intense et non adaptée aux circonstances.
  • Vertiges, maux de tête et fatigue excessive résultant de prises alimentaires insuffisantes, d’excès de sport et de pratiques purgatives.

Rappelons qu’il est normal de prendre entre 10 et 16 kilos pendant une grossesse, cette prise pondérale est indispensable tant pour faire face aux changements physiologiques de la mère que pour fournir à l’enfant tous les nutriments dont il a besoin.

Des risques cruciaux pour la mère :

La malnutrition dont souffre la mère a beaucoup de chance d’entraîner une série de problèmes qui ne rimeront pas avec bonne santé :

  • Perte importante de masse musculaire
  • Des déséquilibres en eau.
  • Des dysfonctionnements conséquents au niveau hormonal et enzymatique.
  • Problèmes d’anémie.
  • Troubles du rythme cardiaque.
  • Chute de cheveux
  • Problèmes dermatologiques (sécheresse de la peau…)
  • Décalcification osseuse.
  • Un liquide amniotique réduit pouvant engendrer un décollement du placenta et mettre l’enfant en danger.
  • Une possibilité d’allaitement compromise.

Et sur le plan émotionnel, on notera un sentiment d’irritation et de grandes variabilités d’humeur.

Des risques vitaux pour le bébé 

Durant la grossesse :

  • Problèmes neurologiques.
  • Un développement intra utérin irrégulier et souvent retardé.
  • Possibilités de malformations.
  • Problèmes respiratoires et digestifs.
  • Mort fœtale

À l’accouchement :

  • Complications possibles durant le travail : insuffisance respiratoire, poids plume du bébé, une naissance prématurée.
  • Naissance sans vie.

Après l’accouchement :

  • Plus de chance de mourir au cours du premier mois.
  • Un bébé plus petit et fragile
  • Un risque accru pour l’enfant de développer plus tard du diabète, des troubles cardiovasculaires et d’être en surpoids sur long terme.

Conclusion

La prégorexie est un problème de santé grave qui met en danger tant la mère que l’enfant. Il est important de l’identifier le plus tôt possible pour pouvoir l’endiguer. Une équipe pluridisciplinaire sera essentielle pour soutenir au mieux la future maman dans cette période particulièrement anxiogène pour elle.

Je vous envoie le plein de douceur…Prenez soin de vous au mieux !

Florence
Pour potentialiser votre bien-être et vous aider à devenir la meilleure version de vous-même !

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La boulimie : une souffrance intense derrière un masque parfait

« Rien au monde, après l’espérance, n’est plus trompeur que l’apparence »
Charles Perrault

Pour rappel, je parle bien ici de la boulimie avec comportements compensatoires (vomissements, laxatifs…), de ce trouble du comportement alimentaire qui cache bien son jeu puisque dans la majorité des cas le poids est considéré comme normal : en bref, les apparences sont sauves !

Et c’est justement de ce  masque mis par la plupart des personnes souffrant de boulimie dont nous allons parler aujourd’hui.

Caractéristiques du masque

Si l’anorexique et l’hyperphagique laissent apparaître leur difficulté à travers  une maigreur ou un excès de poids, la personne boulimique se trouve quant à elle avec une souffrance bien plus discrète, tapie au plus profond d’elle-même.

La voyant dans la rue ou lors d’une activité, vous verrez le plus souvent une personne :

  • Plutôt mince et belle (même si elle en doute atrocement).
  • Intelligente
  • Qui conduit bien sa vie sociale.
  • Séduisante dans ses interactions.
  • Ayant un visage reflétant la sérénité (mais un œil aguerri peut cependant y déceler une fragilité).
  • Le sourire lumineux aux lèvres qui ne présage en rien du mal intérieur qui l’ habite.
  • De bonne humeur.
  • D’une conversation très discrète comme elle peut être une grande bavarde (sans se dévoiler elle bien sûr !).
  • Capable d’irradier, de rayonner à la ronde.
  • Capable de mots d’esprit et de beaucoup d’humour.

En bref, une personne charmante, attirante souvent appréciée.
Notons que ces qualités existent réellement chez ces personnes même si elles ont un sentiment d’imposture.
Ce sont de belles personnes simplement, elles ne laissent pas vivre d’autres parties d’elles-mêmes. Elles ne vivent pas à part entière.

Ce qui existe aussi derrière le masque :

  • Un rapport à l’autre souvent anxiogène.
  • Une idée fixe de ne pas traîner dans ce resto où on est avec des amis pour rentrer au plus vite et ce faire vomir.
  • Une peur immense de ne pas être aimée.
  • Un manque de confiance en soi important.
  • Un sentiment schizoïde (et non schizophrène) : à savoir l’impression de vivre à côté d’elles-mêmes et de ne pas être comme les autres, d’avoir quelque chose qui cloche.
  • Des idées obsédantes de nourriture.
  • Une tension nerveuse parfois explosive.
  • Des émotions ensevelies et anesthésiées.
  • Des passages dépressifs, des angoisses.
  • Un grand sentiment de honte et de culpabilité lié au fait qu’elles ne sont plus aux commandes de leur comportement alimentaire.
  • Des problèmes affectifs.
  • Un être que bien des peurs dominent.
  • Un besoin frénétique de plaire pour se sentir exister.
  • Un sentiment d’incomplétude.

Face à ce mal de vivre enfoui, la boulimie, même si elle est destructrice, les aide à survivre.

Conclusion

Restera à réconcilier ces différents aspects de soi… Commence alors un chemin, parfois long pour laisser toutes les parties de soi s’exprimer en toute sécurité et apprendre à vivre avec qui on est en lâchant le mythe de la perfection. Un chemin pour se rendre compte de sa valeur quelques soient nos imperfections.

Je vous envoie un flux d’énergie pour découvrir jour après jour tout le potentiel qui est en vous.

Florence
Pour potentialiser votre bien-être et vous aider à devenir la meilleure version de vous-même !

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La bigorexie ou quand le sport devient un trouble compulsif

Le sport est devenu une obsession quotidienne pour vous ?
Vous êtes angoissé(e) quand quelque chose freine votre pratique ?
Toute votre journée en pâtit si vous n’avez pas eu votre dose d’exercices physiques ?
Vous faites plusieurs heures de sport chaque jour ?
Vous trouvez que ce n’est jamais assez et que votre corps n’est jamais assez bien ?
Vous trouvez que les autres n’en font pas assez ?
Vous êtes prêt(e) à mettre vos autres secteurs de vie de côté pour pouvoir vous entraîner ?
Vous déprimez et êtes en véritable état de manque si quelque chose empêche votre entraînement ?
Vous avez des conflits avec votre entourage à propos du sport ?

Si vous répondez oui à au moins 4 de ces critères, il est temps d’appuyer sur off et de vous poser quelques questions car la bigorexie vous guette…Le sport est passé du stade de plaisir au stade de l’obsession.

Comment la définir ?

Pour la cerner, je reprendrai ici une note des spécialistes du Centre d’Études et de Recherches en Psychopathologie de Toulouse :

« Besoin irrépressible et compulsif de pratiquer régulièrement et intensivement une ou plusieurs activités physiques et sportives en vue d’obtenir des gratifications immédiates et ce malgré des conséquences négatives à long terme sur la santé physique, psychologique, sociale »

Notons que ce trouble n’est reconnu par l’OMS que depuis 2011.

Dans une société qui prône la minceur et la performance, son incidence est en plein expansion

Qui est concerné ?

Pas la peine d’être un professionnel du sport pour en souffrir, ce trouble touche également les amateurs.

Isolément, on la retrouve davantage chez les hommes en quête d’une musculature et d’un corps parfait, bien « sec ». Elle sera souvent associée à un régime alimentaire protéiné strict, à la prise de substances anabolisantes et de compléments alimentaires multiples.

En association avec l’anorexie, elle formera un cocktail explosif à quasi tous les coups et touchera donc beaucoup les femmes. Le but est alors assez clair : maigrir, maigrir, maigrir…Zéro graisses et augmenter son métabolisme.
La personne qui en souffre pensera alors : « Si je fais moins de sport, je serai énorme ! »

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L’anorexie : « Plutôt mourir maigre que de vivre avec des formes »

Les troubles alimentaires passent longtemps inaperçus, ils grignotent le corps en silence et puis, tout à coup, ils frappent. Le secret est levé. Vous êtes en train de mourir »

Maria Hornbacher, Piégée. Mémoires d’une anorexique, 1999.

Dans cet article, nous allons voir ensemble toute la démesure qui anime la personne souffrant d’anorexie.

Pour rappel, comme souvent dans les troubles du comportement alimentaire, la maladie vient pallier à un conflit psychique, sorte de compromis entre une série de désirs contradictoires difficile à gérer. Dans le cas typique de l’anorexie, c’est la répression totale de ces désirs qui est visée en guise de solution. Tenter de tout maitriser pour survivre au tumulte intérieur.

Et c’est là que tout devient « hyper »

Hyper maigreur

Si la période de la chasse au gibier est ouverte en cette période, chez la personne souffrant d’anorexie, la chasse au gras est ouverte toute l’année, à chaque instant.
Que ce soit le « corps gras » ou en tout  cas perçu comme tel (tout morceau de chair étant vite affublé de bourrelet)  ou la traque au gras dans chaque aliment. L’esprit se trouve ainsi envahi par cette angoisse perpétuelle de vaincre toute trace de graisse.

Si la personne tente de maîtriser pas mal de ses émotions, une aiguille sur la balance penchant vers le bas va néanmoins susciter un hyper enthousiasme, sorte de rayon de soleil dans la journée. Inversément, qu’un gramme de plus s’installe et l’anéantissement ressenti est souvent abyssal. Le ventre, siège des émotions est la zone ennemie par excellence, toujours considéré comme étant trop rond.

Hyperactivité

Du sport, du sport, jusqu’à ce que l’organisme n’en puisse plus…
Outre cette activité sportive parfois déconcertante vu la faiblesse dégagée par le corps, chaque possibilité de mouvement compte (marcher en lisant ou en faisant ses travaux scolaires, faire plusieurs flexions pour prendre quelque chose dans une armoire, crisper ses muscles…). Même hospitalisées, ces personnes arriveront à tourner en rond dans leur chambre.
Notons néanmoins que si cette capacité à bouger autant est surprenante, vient toujours un moment où le corps aura de plus en plus de mal à tenir ce rythme inhumain pour le cœur.

Hyper obsession

L’anorexie fait plutôt bonne alliance avec les troubles obsessionnels compulsifs (TOC) et ce dans bien des aspects du quotidien. Ainsi, les rituels autour des repas suivront une ligne très stricte que ce soit concernant les horaires, la façon de trier les aliments, …Tout frein à ces rituels génèreront une anxiété bien douloureuse.

Des pensées toutes aussi envahissantes : la nourriture, le poids siègent ainsi complètement l’esprit, à chaque minute de vie qui passe.

Hyper médication

Que ce soit dans l’espoir de peser moins (diurétiques et laxatifs) ou que ce soit pour calmer les angoisses lancinantes (anxiolytiques, antidépresseurs).
Ce risque de dépendance sera à prendre en compte lors de la prise en charge.

Hyper déni d’un corps sexué

Les formes, les courbes disparaissent pour ne laisser apparaître que les os.
Un peu comme si la sortie de l’enfance ne voulait pas se faire…
À noter cependant que ce point peut être très variable d’une personne à l’autre. Pour certaines, la séduction et la sexualité ont encore leur place.

Hyper intellectualisation :

Seul le cerveau et les choses de l’esprit sont valorisées et considérées comme nobles.
À l’inverse les besoins du corps sont jugés avec le plus grand mépris.

Conclusion :

Même si la personne en souffrance vous donne parfois l’impression de toute puissance de part son comportement et l’impact de celui-ci sur l’entourage, l’anorexie est avant tout une douleur intense qui colore le quotidien et freine l’élan de vie.

Florence
Pour potentialiser votre bien-être et vous aider à devenir la meilleure version de vous-même !

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La potomanie : lorsque l’eau elle-même devient une drogue !

Mais que recouvre donc ce terme ?

Parfois répertoriée dans les troubles du comportement alimentaire, la potomanie consiste en un besoin permanent et irrépressible de boire de l’eau (préférentiellement de l’eau même si d’autres liquides peuvent y être associés).
La compulsion est telle, que la consommation peut parfois aller jusqu’à 10 litres par jour !

Si l’on entend souvent dire qu’il faut bien s’hydrater pour être en forme, il faut savoir qu’au-delà d’un certain nombre de litres, le corps ne parvient plus à gérer ni à éliminer.

La diminution de sodium au sein de l’organisme atteint un seuil dangereux avec son lot de nausées, crampes, migraines, douleurs dans les membres…
Les reins ne savent plus suivre et on peut aboutir à une véritable intoxication par eau avec une rétention hydrique et des oedèmes parfois conséquents, voire mortels (notamment au niveau du cerveau).

Des raisons parfois physiologiques

J’ai souligné plus haut que ce trouble était « parfois » répertorié comme TCA.
En effet, la potomanie n’est pas toujours un trouble d’ordre psychologique.
D’autres raisons de santé peuvent en être à l’origine (on parlera alors plutôt de polydipsie) :

  • Un problème de diabète sucré.
  • Un problème de diabète insipide ne permettant pas aux reins de fonctionner normalement et avec absence de l’hormone antidiurétique.
  • Dérèglement des centres cérébraux s’occupant de la soif.
  • Troubles neurologiques avec atteinte de certaines zones du cerveau.
  • Conséquences d’une prise médicamenteuse donnant un sentiment de soif aigu.

Je ne m’étendrai pas davantage sur cet aspect médical pour revenir à la potomanie en tant que trouble psychologique

Comportements

L’entourage ne s’en rend pas toujours compte et ne s’en formalise pas vu qu’il s’agit simplement d’eau, mais le sujet va, l’air de rien, organiser sa journée autour de sa problématique. Il sera toujours accompagné d’une bouteille d’eau et sera un assidu des cafétérias, bistrots (et pas pour boire de l’alcool), distributeurs…
Notons au passage qu’il fréquente aussi beaucoup les toilettes environnantes 🙂 en raison d’une polyurie marquée (sécrétion d’urines en quantité importante)

Causes psychologiques

Notons que la potomanie est plus souvent un trouble associé à une autre souffrance qu’une maladie en tant que telle.

  • Elle peut être un symptôme secondaire à une maladie mentale (cf. la schizophrénie, démence, psychose)
  • Elle peut être l’objet d’un TOC (Trouble Obsessionnel Compulsif)
  • Elle peut accompagner la personne boulimique lorsqu’elle tente de remplir le vide en elle sans avoir recours à la nourriture.
  • Elle sera l’alliée de la personne anorexique lorsque celle-ci est soumise à la pesée par ses proches ou le personnel médical. Il s’agit alors de boire beaucoup d’eau en peu de temps pour que l’aiguille affiche plus sur la balance. L’eau lui permettra aussi de moins sentir la faim.

Traitement

Il découlera du problème de base : si le problème primaire est un trouble psychiatrique, il faudra donner le traitement approprié.

Sinon, la prise en charge thérapeutique est assez similaire à celle des personnes qui souffrent de troubles du comportement alimentaire.

Des questions ? Un commentaire ? C’est ici dessous que ça se passe 🙂

Florence
Pour potentialiser votre bien-être et vous aider à devenir la meilleure version de vous-même !

 

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Anorexie : les comportements qui doivent alerter !

Aujourd’hui, nous allons voir ensemble  un faisceau d’attitudes qui peuvent signifier qu’un trouble alimentaire de type anorexique est en train de faire son nid.

Bien sûr, c’est la fréquence et l’intensité de ces signaux qui vont jouer. S’il s’agit d’éléments ponctuels ou isolés, pas de panique 🙂

Avant toute chose, signalons une constance : manger devient source d’anxiété voir de crises d’angoisse et le poids fond à vue d’œil !

Passons maintenant à une analyse plus détaillée

Un tri minutieux !

La personne souffrant de restriction alimentaire, a tendance à disséquer avec beaucoup d’attention son assiette : retirer la moindre trace de gras, éponger la sauce, enlever le beurre, enlever la peau de certains aliments…

Comportements « étranges » aux yeux des personnes extérieures

Utiliser une cuillère pour manger de la viande, manger les légumes avec les doigts, manger de la soupe avec une cuillère à café, couper ses aliments en morceaux minuscules voire même les émietter.
On peut retrouver aussi dans cette catégorie, la personne qui prend  une petite bouchée à l’entrée, une au plat et une au dessert : juste pour le goût, laissant le reste de l’assiette en plan.
D’autres vont mâcher pour avoir le goût et ensuite recracher plutôt qu’avaler.
Pour ce qui est des invitations à manger à l’extérieur ou au resto, elles sont évitées au maximum car vécues comme étant trop anxiogènes, trop compliquées à vivre.
Et ne parlons pas des fêtes qui constituent un véritable cauchemar pour la personne souffrant de ce trouble !

L’art du camouflage

Comme par exemple cacher certains aliments considérés comme « dangereux » sous sa salade pour ne pas les manger, cacher des aliments sous la table ou dans la poche d’un tablier pour pouvoir les jeter ensuite tout en donnant l’illusion aux autres d’avoir bien mangé…

Attitudes de dégoût récurrentes :

Ici, on retrouvera des commentaires très critiques sur toute une série d’aliments et sur les repas ; On observera également des expressions faciales de dégoût (des grimaces, des soupirs), des positions de recul (se tenir en retrait de la table..), des crispations assez nettes…

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L’orthorexie, un trouble du comportement alimentaire de nos temps modernes

Mais qu’évoque donc ce terme énoncé pour la première fois par le docteur Steve Bratman en 1997?
Si on prend l’étymologie du mot, « orthos » en grec signifie « droit, correct ». En fait, ce trouble se caractérise par l’obsession de manger sainement pour être en bonne santé et « ne pas mourir ». Il est considéré comme un TCA non spécifique (pas encore reconnu comme une maladie en tant que telle) et est devenu aujourd’hui un véritable phénomène de société.

Ici, contrairement à l’anorexie ou la boulimie ou l’hyperphagie, ce n’est pas la quantité qui pose problème mais la qualité poussée à son extrême. A noter qu’anorexie et orthorexie peuvent parfois se coupler allègrement.

Vous me direz qu’il est bien légitime avec tout ce qu’on entend de vouloir manger sainement. Oui, je suis bien d’accord, et personne ne contestera l’importance de l’alimentation dans la santé. Sauf que dans ce cas-ci, la qualité alimentaire est une obsession de tous les instants où le plaisir a bien peu de place.

Tout comme chez l’anorexique, on retrouvera une quête de la perfection, du contrôle absolu, de pureté presque spirituelle. Comme si on était certain d’être à l’abri de tout en visant cet idéal alimentaire (illusion de sécurité, illusion d’éviter la mort)

Manger est une façon de se soigner et non de  s’offrir du bon temps : chaque aliment est comme un médicament pris pour prévenir toute maladie. Les aliments dits « plaisirs » par le commun des mortels seront de suite bannis car perçus comme de véritables poisons pour l’organisme.

L’obsession est telle qu’elle peut bouffer, sans jeu de mots, plusieurs heures par jour !
L’orhtorexique va passer un temps fou à faire des recherches sur internet ou dans les livres pour trouver la combinaison alimentaire idéale. Ce qui n’est pas une mince affaire vu les milliers de théories au plus contradictoires les unes que les autres…Comment faire le tri ultime ??

Pris par cette idée fixe, la vie sociale en prend rapidement un coup : certains vont jusqu’à prévoir leur propre repas en sortie. Pour eux, c’est du sérieux, pas question de déroger.
Tout écart à ce qu’ils se sont imposés, sera vécu avec une profonde angoisse et culpabilité : comme si leur propre valeur en dépendait.

Leur quotidien est rythmé par ce but aliénant et une série de rituels.
Tout est analysé minutieusement (y compris toutes les étiquettes placées sur les produits) : bon ou mauvais, bénéfique ou diabolique…non aux sucres, non au sel, non au graisses, non à ce qui est industriel, non aux colorants, non aux additifs, non aux pesticides, non à la viande, non aux fromages, non aux légumes cueillis depuis plusieurs heures, non aux poissons dont on ne sait comment était l’eau…mais aussi dans certains cas la rigidité sera telle que même le temps de cuisson sera précis à la seconde près (afin de garder les vertus nutritives), et que le nombre de mâchage aura aussi son importance (certains vont ainsi se contraindre à mâcher chaque bouchée un nombre de fois précis : 40 ou 50 fois).

On est bien d’accord que les produits de l’industrie ne constituent pas une nourriture de rêve et que tant qu’à faire, on a plutôt intérêt à manger bio (même si le bio absolu n’existe pas).

Plein de gens cherchent à avoir  une alimentation plus saine et équilibrée sans pour cela tomber dans ce trouble source de stress, de souffrance, d’anxiété

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Troubles du comportement alimentaire au masculin

Pour ce qui est des problèmes d’obésité ou d’hyperphagie (voir article sur l’hyperphagie), pas de différences notables entre hommes et femmes quant au mécanisme.

Mais voyons un peu certains troubles comme l’anorexie et la boulimie plus en détails.

Anorexie au masculin

Même si on peut noter une légère augmentation au fil des ans, l’anorexie chez les hommes reste  beaucoup plus rare que chez la femme.

Le premier cas d’anorexie relevé comme tel chez un garçon date de 1694 ! Probablement que d’autres cas existaient mais comme un des critères de l’anorexie est l’aménorrhée (absence de règles), difficile d’y faire entrer la gente masculine J

Points communs avec l’anorexie au féminin

  • Un problème d’estime de soi et un sentiment d’insatisfaction par rapport à l’image corporelle. Il semblerait néanmoins que, plus qu’une peur du gras, ce soit la recherche du muscle qui guide l’homme.

  • Certains métiers peuvent aussi paraître plus à risques : mannequins, artistes, métiers en lien avec l’alimentation, bodybuilders…
  • Des problèmes assez fréquents de surpoids durant l’enfance.
  • Des traits obsessionnels dans la personnalité
  • Des circonstances déclenchantes assez similaires : moqueries quand au poids, performances sportives, des problèmes familiaux, évènements
    douloureux dans l’année qui précède la maladie
  • Comme chez les femmes, on retrouvera souvent une hyperactivité physique

  • Dans certains cas, une mise de côté de la sexualité
  • Une difficulté à être en lien, à se sentir bien dans les relations sociales
  • Un trouble dépressif majeur

 

Quelques différences :

  • Le surinvestissement est davantage sportif qu’intellectuel.
  • Plus de prises d’autres toxiques (drogues…)
  • Moins d’antécédents d’abus sexuels
  • Moins d’abus de laxatifs
  • Homosexualité plus fréquente
  • Le fait de se priver jusqu’à en mourir est moins fréquent

Tout ceci est à prendre avec des pincettes car on trouve peu d’études reliées aux hommes d’une part et que d’autre part, ces recherches ne concernent que ceux qui consultent ce qui est loin d’être une évidence pour tous.

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La boulimie plus en détails…

Lors d’un précédent article « La boulimie nerveuse : de quoi parle-t-on ? », nous avions tracé les grands traits de la boulimie et fait la distinction avec l’ hyperphagie.

Dans ce nouvel article, nous allons voir plus en détails ce que peut vivre une personne souffrant de ce trouble et  aborder les conséquences sur le plan de la santé physique.

Pour parler de boulimie, la personne doit avoir des épisodes répétés d’hyperphagie: à savoir ingérer des quantités très importantes de nourriture et ce en un temps relativement rapide. Le besoin est perçu comme étant irrépressible et manger occupe l’esprit de façon persistante. Généralement, les crises sont orientées vers des aliments particulièrement gras ou sucrés; aliments souvent bannis en dehors des crises !

Les accès peuvent surgir de façon impulsive, on mange alors tout ce qui tombe sous la main, de façon frénétique et sans prendre le temps de cuisiner.

Les éléments déclencheurs peuvent être nombreux :

  • L’ingestion d’un aliment dit « gâchette» et non autorisé dans l’esprit de la personne car considéré comme « mauvais ». La panique est telle que « raté, pour raté » autant en manger beaucoup et se faire vomir après.
  • L’exposition à certains aliments bannis lors d’une période de restriction.
  • Le ressenti d’émotions fortes : quelles soient négatives… ou positives !
  • Contrariété, frustration, ennui.
  • Le retour dans le milieu familial.
  • La solitude vécue comme une souffrance.
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