Le corps, ce mal aimé : ou quand nos complexes nous pourrissent la vie…

Cette fois, nous allons nous éloigner un peu du problème évoqué dans l’article précédent (la dysmorphophobie), pour évoquer un mal-être plus courant, plus général mais pas toujours moins encombrant pour autant : avoir une mauvaise image corporelle.

Cet article servira d’introduction à 5 épisodes qui sortiront dès septembre : Comment concrètement se réconcilier avec son corps et apprendre à s’aimer ?
Ces 5 articles se suivront et vous proposeront des outils pratiques à mettre en œuvre pour avoir un regard bienveillant sur notre véhicule de vie qu’est notre corps.

Mais voyons d’abord tous ces complexes qui nous pourrissent la vie et leurs origines possibles…

Quand l’imparfait nous fait souffrir

Pas à dire, de nos jours l’insatisfaction physique est monnaie courante avec sans doute les femmes en tête de peloton.
On s’insurge contre nos rides, nos kilos en trop, un petit bourrelet par-ci, par-là, des cheveux gris, des cheveux fins, des cheveux bouclés, une cicatrice, un bouton, des seins trop grands ou trop petits…J’en passe et des meilleurs.

Je ne vais pas faire l’hypocrite non plus, c’est un fait que la société favorise souvent ceux qui ont été davantage gâtés par la nature et ce notamment dans certains univers professionnels.

Oui mais…
Ces plastiques fabuleuses aux mensurations de rêve, ne représentent que 2% de la population. Sur les 98% restant, plus de moitié va vivre en ayant plein de complexes et avec la volonté de ressembler aux 2% !!!!!!! De quoi occuper une vie !

Alors bien sûr, je ne suis pas en train de dire qu’il faut se laisser aller ! Prendre soin de soi avec respect et bienveillance est important, se mettre en valeur est tout à fait louable.
De là à courir après l’impossible et d’y consacrer tout son temps, il y a de la marche…

L’occasion de rappeler une petite citation de Marc Aurèle :
« Que la force me soit donnée de supporter ce qui ne peut être changé et le courage de changer ce qui peut l’être mais aussi la sagesse de distinguer l’un de l’autre. »

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La dysmorphophobie : quand le corps perçu et le corps réel sont à des années lumières

Si nos petits défauts font le plus souvent notre charme et notre singularité, pour certains ils vont devenir le centre de l’attention et représenter des monstruosités invalidantes.
Mais quelle est donc cette maladie qui empoisonne la vie ?

Définition

La dysmorphophobie est un trouble de l’image de soi qui génère de très fortes angoisses d’où son classement dans les phobies et sa proximité avec les troubles obsessionnels compulsifs.
Dans cette maladie pour le moins complexe, la personne va se focaliser sur l’un ou l’autre défauts physiques, à la base objectivement minime voire même inexistant aux yeux des autres, et en faire le malheur de sa vie. La perception du « défaut » est à ce point déformée que l’idée d’être monstrueuse à voir n’est pas loin. Tout la vie de l’individu va tourner autour de cette perception erronée et une vive anxiété va s’emparer de la personne.

Des symptômes douloureux :

  • La personne est convaincue de sa perception peu importe que les autres disent le contraire. Pour elle, aucun doute, il s’agit d’une réalité absolue.
  • Apparition de crises d’angoisse face au miroir avec tremblements, sensation d’étouffement, palpitations…
  • Une tendance à la paranoïa : tellement convaincue de sa laideur, la personne aura le sentiment que tout le monde se moque d’elle et la trouve affreuse.
  • Une nette tendance au repli sur soi et à éviter au maximum tout contact extérieur. La vie sociale et professionnelle peut ainsi être fortement perturbée.
  • L’obsession peut parfois tourner véritablement au délire.
  • La quête est souvent infinie et la médecine esthétique n’aura que peu d’effets sur l’image de soi perçue. Le problème survivra à la chirurgie.
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