Sentiment de féminité et boulimie : un lien fréquemment perturbé

Si chaque individu est unique et a sa propre histoire, on peut néanmoins retrouver des problématiques récurrentes dans la façon de vivre son corps et sa sexualité lorsqu’on souffre de troubles du comportement alimentaire.
Je m’attarderai ici sur les femmes pour la simple et bonne raison qu’il y a trop peu d’études sur le vécu des hommes en la matière.

Une ambivalence tenace

Tout comme pour l’anorexie, les personnes souffrant de boulimie sont particulièrement inquiètes de leur apparence physique et de leurs capacités à plaire.
Leur présentation est souvent très soignée : vêtements, bijoux, maquillage feront l’objet de beaucoup d’attentions.

Mais derrière cette façade, l’image qu’elles ont d’elles-mêmes est sur bien des points défaillante : elles se sentent bêtes et inintéressantes, moches et grosses…Portrait qui peu sembler caricatural mais pourtant bien réel dans leur perception.
Ce déficit d’estime de soi va faire que le regard de l’autre va vite devenir crucial.
Comment dès lors allier ce désir de plaire et cette faim incommensurable d’amour avec un symptôme qui a tendance à enfermer la personne dans sa solitude ?

En prise à bien des contradictions, les femmes souffrant de ce trouble auront tendance à combler la plupart de leurs manques et demandes affectives dans la nourriture.

Bien sûr, quelques-unes arriveront à construire l’un ou l’autre couple, mais souvent leur vision de l’amour et de la sexualité sera parasitée par leur mal-être.

Certaines retrouveront d’ailleurs la même attitude compulsive qu’elles ont avec la nourriture mais avec la sexualité : vite déçues, elles passeront d’une relation à l’autre espérant être rassurées sur le fait qu’on les aime. Malheureusement, cette accumulation d’expériences aura tôt fait d’engendrer l’effet contraire : elles se sentiront encore plus sales et dévalorisées.

Cette hantise de ne pas pouvoir être aimée sur le long terme ou de « ne pas être à la hauteur », les amèneront plus que de coutume à prendre l’initiative de la rupture. Rupture qui souvent sera initiée de façon précipitée.

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L’anorexie : « Plutôt mourir maigre que de vivre avec des formes »

Les troubles alimentaires passent longtemps inaperçus, ils grignotent le corps en silence et puis, tout à coup, ils frappent. Le secret est levé. Vous êtes en train de mourir »

Maria Hornbacher, Piégée. Mémoires d’une anorexique, 1999.

Dans cet article, nous allons voir ensemble toute la démesure qui anime la personne souffrant d’anorexie.

Pour rappel, comme souvent dans les troubles du comportement alimentaire, la maladie vient pallier à un conflit psychique, sorte de compromis entre une série de désirs contradictoires difficile à gérer. Dans le cas typique de l’anorexie, c’est la répression totale de ces désirs qui est visée en guise de solution. Tenter de tout maitriser pour survivre au tumulte intérieur.

Et c’est là que tout devient « hyper »

Hyper maigreur

Si la période de la chasse au gibier est ouverte en cette période, chez la personne souffrant d’anorexie, la chasse au gras est ouverte toute l’année, à chaque instant.
Que ce soit le « corps gras » ou en tout  cas perçu comme tel (tout morceau de chair étant vite affublé de bourrelet)  ou la traque au gras dans chaque aliment. L’esprit se trouve ainsi envahi par cette angoisse perpétuelle de vaincre toute trace de graisse.

Si la personne tente de maîtriser pas mal de ses émotions, une aiguille sur la balance penchant vers le bas va néanmoins susciter un hyper enthousiasme, sorte de rayon de soleil dans la journée. Inversément, qu’un gramme de plus s’installe et l’anéantissement ressenti est souvent abyssal. Le ventre, siège des émotions est la zone ennemie par excellence, toujours considéré comme étant trop rond.

Hyperactivité

Du sport, du sport, jusqu’à ce que l’organisme n’en puisse plus…
Outre cette activité sportive parfois déconcertante vu la faiblesse dégagée par le corps, chaque possibilité de mouvement compte (marcher en lisant ou en faisant ses travaux scolaires, faire plusieurs flexions pour prendre quelque chose dans une armoire, crisper ses muscles…). Même hospitalisées, ces personnes arriveront à tourner en rond dans leur chambre.
Notons néanmoins que si cette capacité à bouger autant est surprenante, vient toujours un moment où le corps aura de plus en plus de mal à tenir ce rythme inhumain pour le cœur.

Hyper obsession

L’anorexie fait plutôt bonne alliance avec les troubles obsessionnels compulsifs (TOC) et ce dans bien des aspects du quotidien. Ainsi, les rituels autour des repas suivront une ligne très stricte que ce soit concernant les horaires, la façon de trier les aliments, …Tout frein à ces rituels génèreront une anxiété bien douloureuse.

Des pensées toutes aussi envahissantes : la nourriture, le poids siègent ainsi complètement l’esprit, à chaque minute de vie qui passe.

Hyper médication

Que ce soit dans l’espoir de peser moins (diurétiques et laxatifs) ou que ce soit pour calmer les angoisses lancinantes (anxiolytiques, antidépresseurs).
Ce risque de dépendance sera à prendre en compte lors de la prise en charge.

Hyper déni d’un corps sexué

Les formes, les courbes disparaissent pour ne laisser apparaître que les os.
Un peu comme si la sortie de l’enfance ne voulait pas se faire…
À noter cependant que ce point peut être très variable d’une personne à l’autre. Pour certaines, la séduction et la sexualité ont encore leur place.

Hyper intellectualisation :

Seul le cerveau et les choses de l’esprit sont valorisées et considérées comme nobles.
À l’inverse les besoins du corps sont jugés avec le plus grand mépris.

Conclusion :

Même si la personne en souffrance vous donne parfois l’impression de toute puissance de part son comportement et l’impact de celui-ci sur l’entourage, l’anorexie est avant tout une douleur intense qui colore le quotidien et freine l’élan de vie.

Florence
Pour potentialiser votre bien-être et vous aider à devenir la meilleure version de vous-même !

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