Troubles du comportement alimentaire au masculin

Pour ce qui est des problèmes d’obésité ou d’hyperphagie (voir article sur l’hyperphagie), pas de différences notables entre hommes et femmes quant au mécanisme.

Mais voyons un peu certains troubles comme l’anorexie et la boulimie plus en détails.

Anorexie au masculin

Même si on peut noter une légère augmentation au fil des ans, l’anorexie chez les hommes reste  beaucoup plus rare que chez la femme.

Le premier cas d’anorexie relevé comme tel chez un garçon date de 1694 ! Probablement que d’autres cas existaient mais comme un des critères de l’anorexie est l’aménorrhée (absence de règles), difficile d’y faire entrer la gente masculine J

Points communs avec l’anorexie au féminin

  • Un problème d’estime de soi et un sentiment d’insatisfaction par rapport à l’image corporelle. Il semblerait néanmoins que, plus qu’une peur du gras, ce soit la recherche du muscle qui guide l’homme.

  • Certains métiers peuvent aussi paraître plus à risques : mannequins, artistes, métiers en lien avec l’alimentation, bodybuilders…
  • Des problèmes assez fréquents de surpoids durant l’enfance.
  • Des traits obsessionnels dans la personnalité
  • Des circonstances déclenchantes assez similaires : moqueries quand au poids, performances sportives, des problèmes familiaux, évènements
    douloureux dans l’année qui précède la maladie
  • Comme chez les femmes, on retrouvera souvent une hyperactivité physique

  • Dans certains cas, une mise de côté de la sexualité
  • Une difficulté à être en lien, à se sentir bien dans les relations sociales
  • Un trouble dépressif majeur

 

Quelques différences :

  • Le surinvestissement est davantage sportif qu’intellectuel.
  • Plus de prises d’autres toxiques (drogues…)
  • Moins d’antécédents d’abus sexuels
  • Moins d’abus de laxatifs
  • Homosexualité plus fréquente
  • Le fait de se priver jusqu’à en mourir est moins fréquent

Tout ceci est à prendre avec des pincettes car on trouve peu d’études reliées aux hommes d’une part et que d’autre part, ces recherches ne concernent que ceux qui consultent ce qui est loin d’être une évidence pour tous.

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Manger, une découverte multi–sensorielle

Utilisons nos 5 sens pour apprendre à découvrir et apprécier tout ce que nous glissons en bouche.

Chacun d’entre eux nous permet d’éprouver ou de ressentir différentes sensations, agréables ou non.

Petit rappel sur nos 5 sens : nous avons l’odorat (nez), la vue (yeux), le toucher (peau), le goût (bouche et langue) et l’ouïe (oreilles).

L’odorat

Rappelez-vous votre dernier repas. Quel est le premier sens qui vous a donné l’eau à la bouche ?

« Aaah, la bonne odeur du poulet qui rôtissait gentiment »;
« Mmmh, ce doux parfum de cake aux pommes qui dorait » ;
« Ooooh, ce joli fumet de potage aux poireaux » ;
« Oups, ça sent le fromage par ici, … »

Tout commence par l’odorat.

Ensuite, la vue.

« Waouououw, c’est magnifique ! » « Que ça à l’air bon ! »

Nous mangeons également avec nos yeux. Une petite table avec une belle nappe et de belles serviettes assorties, une magnifique bougie, un beau service, de jolis couverts, …
Tout cela donne envie de s’attabler. Que l’on soit seul(e) ou en famille, dressons une agréable table.

Le contenu de votre assiette vous mettra lui aussi en appétit. D’où l’importance de jouer avec les couleurs. Nous dirons « non au fade ». Vivent les couleurs. Varions-les.
Imaginez-vous, une assiette blanche garnie d’un blanc de volaille avec du riz basmati et du chou-fleur, à côté d’elle, une assiette blanche garnie d’un blanc de volaille saupoudré de curry avec du riz complet ou rouge et des brocoli et carottes. Laquelle des 2 vous tente le plus ?

Puis, vient le toucher.

Des fruits de saison dans un panier. Du bon pain sur une soucoupe.
Le toucher c’est la texture et la température, pas uniquement sous les doigts, également en bouche.
« Oooh, c’est tout lisse ou moelleux ou rugueux, … »
« Oh, c’est chaud ! »
« Waouw, c’est glacé ! »

Avez-vous déjà mangé avec les doigts ? Alors, c’était comment ?

Ce qui nous intéresse plus particulièrement ici, c’est le goût.

« Mmmmh, … c’est bon ! »

Nos papilles gustatives nous renseignent sur 4 saveurs primaires : le sucré, le salé, l’acide et l’amer. Les papilles sont réparties sur la langue, le palais, les amygdales et le pharynx. Un nouveau-né possède plus de papilles gustatives qu’un adulte et pourtant nous en avons, nous adultes, quelques 10.000 ! Elles sont perpétuellement renouvelées et ce environ tous les 10 jours.
Pour info, les papilles qui se situent sur le bout de la langue nous donnent le goût sucré, celles situées sur les côtés de la langue, le goût salé et acide et celles du fond de la langue l’amertume.

L’arôme me plaît-il ou me déplait-il ?

Le goût et l’odorat vont de paire. Donc, quand on est enrhumé on apprécie et on goûte moins les aliments.

Pour terminer, l’ouïe.

Entendre la croûte du pain qui croque sous la dent. Mordre à pleines dents dans une magnifique pomme ou un morceau de chocolat fondant.

Pour pouvoir profiter des aliments, nous devons impérativement prendre le temps. Le temps d‘observer, de regarder, d’analyser, de déguster, de décortiquer, d’apprécier et … de savourer !

Arrêter l’image. Eteindre le son. Qu’est ce que je ressens quand mes lèvres touchent l’aliment ? Mes dents ? Ma langue ? Que me renseignent-ils ?

D’ou l’importance de manger dans le calme et la sérénité. Attablé(e) de préférence. On évitera de manger en marchant dans la rue, en roulant en voiture, assis dans le bus ou le tram, et pas devant la télévision ou devant son ordinateur, … Il y a un temps pour tout.

Pensez à tout ce que vous ressentez en buvant ou en mangeant ! Soyez conscients. Mangez en pleine conscience ! Terme fort à la mode, mais qui prend tout son « sens » !

Un morceau de chocolat fondant, un ballon de vin, un morceau de fromage, une miche de pain, des épices, …

Tentez l’expérience de manger les yeux bandés … Vous remarquerez que les 3 premiers sens utilisés sont le toucher, l’odorat et le goût.

Faites-nous part de vos expériences.

Virginie Frogneux
Diététicienne – Nutrithérapeute
+ 32 475 821 803
Centre DDG à Ixelles et Centre Thérapsy à Saint-Gilles

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Sports de haut niveau, croyances alimentaires et risque de TCA !

Dans cet article, je commencerai par des données d’ordre général pour ensuite faire l’une ou l’autre distinction selon le type de sport pratiqué.

Les personnes passionnées de sport, vont souvent adopter une alimentation qui sera influencée par différents facteurs :

  • L’éducation bien sûr : si le sport a débuté en bas âge, les croyances véhiculées par les parents peuvent jouer : « Si tu veux être un champion, il faut manger ceci ou cela … »
  • Les conseils des coachs ou entraîneurs : ceux-ci seront souvent pris comme étant paroles de l’évangile. L’entraîneur sera perçu comme celui qui sait ce qu’il faut manger pour réussir.
  • Les succès et les échecs : Une réussite pour rendre un aliment  magique, un échec peut rendre un aliment maudit. Ainsi naissent de nouvelles croyances alimentaires…
  • Le type de sport : sports à critères esthétiques et nécessitant un poids léger, sports à prise de masse, sports à catégorie de poids …

Voyons ce dernier point plus en profondeur

Sports à poids léger et/ou à critères esthétiques

Ex : Danse classique, gymnastique, jockey, natation, gymnastique, course à pied, ski de fond…
Mais aussi : certaines catégories dans le judo, la boxe, la lutte…

L’objectif étant de rester à un poids assez faible, la personne court le risque d’avoir des apports énergétiques insuffisants et ce d’autant plus que l’alimentation visera à réduire au maximum la masse grasse. L’individu côtoie ainsi le danger des régimes draconiens afin de rester à un poids souvent précis.
On comprendra aisément que toute une série d’aliments seront associés à l’idée que c’est mauvais pour la ligne :

  • Certains banniront les viandes
  • D’autres regarderont les féculents avec une grande méfiance
  • Les corps gras et les produits sucrés seront tous honnis
  • Certains ne verront que par les fruits, d’autres que par les légumes…
  • Certaines textures seront assimilées à des produits dangereux pour la silhouette : les petits pois, la banane…de part leur structure plus pâteuse seront mis de côté comme faisant trop grossir

Les aliments perçus comme faisant gonfler seront également évités même s’ils ont une faible teneur en calories (cf. quinoa, semoule, lentilles…)

Pour rappel, aucun aliment en soi ne fait grossir : tous ont leur place dans notre alimentation même les corps gras ou les glucides. Tout est une question de proportion !!

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