La personne souffrant d’anorexie/boulimie et sa relation aux autres

Bien sûr, chaque individu est unique et a ses propres caractéristiques, ses propres nuances. Néanmoins, certaines tendances communes peuvent être relevées chez les personnes souffrant d’A/B et ces spécificités sont particulièrement manifestes dans l’univers émotionnel et relationnel.

Quelles sont ces difficultés souvent typiques ? Quels sont ces traits de personnalité peu ordinaires ?

Des montagnes russes

Tout d’abord, précisons que les personnes en proie à ces troubles du comportement alimentaire arrivent globalement à maintenir leur cercle social. Par contre, ces relations seront souvent teintées de montagnes russes émotionnelles. Un simple mot mal pris peut faire chavirer la relation du tout au rien. Ainsi les amitiés seront tantôt mises sur un pied d’estale, tantôt rejetées avant d’être à nouveau adorées. De part sa sensibilité, la personne en proie à l’A/B se sent vite blessée, déçue, incomprise, vide. En même temps comme elle est souvent empathique, généreuse, intelligente, elle peut aussi dépasser sa frustration. En bref, elle, comme son entourage seront ballotés entre un monde de Walt Disney et un monde d’agressivité et de reproches.

Les attentes affectives des A/B sont souvent intenses, exigeantes et si celles-ci ne sont pas remplies, on notera un soudain recul de la personne A/B dans sa caverne à l’abri du monde.

Une humeur en dents de scie

Ce « tout ou rien » se manifestera aussi dans l’humeur de la personne A/B : même si le lien avec vous reste stable, vous aurez tantôt à faire avec une personne pétillante, euphorique qui s’exprime avec de nombreux superlatifs (c’est génial, grandiose…) ; tantôt à une personne en plein down, dépressive aux idées bien sombres.
Dans les deux cas, on retrouvera un côté « Too Much » que ce soit dans les jours lumineux ou les jours sombres. Les personnes A/B se donnent souvent à fond et les moments d’épuisement en seront proportionnels. Ces périodes de fatigue intense réactiveront en elles un sentiment de vide sidéral voire même un sentiment morbide de culpabilité de « prendre trop de place ».

Et quand bien même les personnes souffrant d’A/B prendraient le parti de ne rien laisser paraître, sachez qu’à l’intérieur d’elles-mêmes elles sont souvent comme un volcan en ébullition. Si l’apparence semble sereine, leur monde intérieur est bien plus mouvementé.

De la sensation de toute puissance à la sensation d’être la dernière des nullités

De sortie ou devant réaliser une performance professionnelle, la personne souffrant d’A/B peut aussi osciller entre une grande confiance en elle et le sentiment de n’être rien sur terre. Elle peut même démarrer en étant radieuse, rayonnante pour ensuite avoir l’impression qu’une autre personne présente est plus belle ou intelligente qu’elle et basculer dans le sentiment d’être insignifiante et ridicule. Elle met la barre tellement haute que les chutes sont fréquentes et perçues comme la fin du monde.

Une difficulté à trouver sa place

La personne souffrant d’A/B a du mal à être parfaitement sereine et à l’aise avec les autres. Soit elle fera son show avec volubilité soit elle s’effacera  et l’attitude adoptée peut être variable d’un contexte à l’autre ou au détour d’un mot vécu comme blessant.

Des désaccords perçus comme des coups de poignard, comme un rejet

Les personnes souffrant d’A/B de part leur soif d’affection ont souvent tendance à prendre tout personnellement. Ainsi un avis différent sera automatiquement considéré comme un rejet, un conflit, une violence faite à sa personne.

De l’amour fusion à la rupture proclamée

De part ses blessures, les relations amoureuses vont elles aussi être en mode ON/OFF : si on caricature le trait, ou tout va bien ou l’on n’est pas fait l’un pour l’autre. On passe ainsi de l’envolée amoureuse à l’abyme profond.

Conclusion

En fait, on retrouve dans le mode relationnel de la personne souffrant d’A/B ce même concept d’amour/haine, d’attirance/rejet que celui vécu dans leur relation à la nourriture.
À la fois attachante et torturée…elle ne laisse personne indifférent.
Et elle doit à son hypersensibilité ses conduites et humeurs si imprévisibles.

Fatiguée, épuisée tous ses doutes et sentiments d’être persécutée ou incomprise s’en trouveront multipliés de façon intense.

Un fond jusqu’auboutisme qui fera son charme tout autant qu’il épuisera aussi à certains moments son monde des relations aux autres.

Des questions, des commentaires…La parole vous est donnée

Florence
Pour potentialiser votre bien-être et vous aider à devenir la meilleure version de vous-même !

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Quelle attitude adopter face à un être aimé souffrant d’anorexie/boulimie ? Volet 2 : À privilégier

Après avoir vu dans notre article précédent ce qu’il était souhaitable d’éviter, nous allons voir cette fois ce qu’il est préférable d’adopter 🙂

Nous l’avons exprimé, vivre avec une personne souffrant d’anorexie/boulimie est aussi très difficile : les tensions peuvent être nombreuses, les repas deviennent des moments finalement redoutés, souvent on se sent coupable.
On se retrouve ainsi impuissant face à la toute puissance du trouble.

Alors que faire ?

Certains de ces conseils cités ci-dessous peuvent vous paraître très durs.
Pourtant vous savez que vous avez déjà essayé une large gamme d’attitudes différentes et ce sans succès.
Aussi difficiles que soient ces conseils, autorisez-vous à les tester.
Il ne s’agit pas d’abandonner l’être aimé en souffrance mais de recharger votre énergie pour pouvoir donner mieux et différemment.

C’est la raison essentielle pour laquelle vous devez absolument prendre le temps de décoller de la situation et de prendre soin de vous sans culpabiliser.

Vivre aussi pour soi

Si vous avez du mal à vous en donner la permission ou si vous êtes dépassé(e) par la maladie, n’hésitez pas à avoir recours à un professionnel qui pourra vous aider à mieux comprendre les recoins du symptôme et à reprendre votre vie en mains.
Vos propres besoins sont précieux, surtout ne les laissez pas s’étouffer.
Songez à vous faire plaisir même si cela vous semble futile.

Re-listez toutes ces petites choses qui vous font du bien, qui vous procurent de la joie… Ou en tout cas, toutes celles qui vous procuraient du bien-être avant d’être happé(e) par la maladie de votre proche. Une fois cette liste établie, programmez ces moments de détente dans votre agenda.

Comme je l’ai signalé dans le précédent article Quelle attitude adopter face à un être aimé souffrant d’anorexie/boulimie ? Volet 1 : À éviter la personne souffrant de TCA a besoin de sentir un peu de légèreté autour d’elle. Vos angoisses ne seront pas porteuses d’améliorations. Par contre, prendre soin de vous et montrer qu’on peut prendre plaisir à la vie seront beaucoup plus constructifs.

Si c’est votre enfant qui est en souffrance, veillez à préserver des moments à deux avec votre partenaire… Des moments où vous êtes en dehors de ce climat douloureux et où vous ne parlez pas de la maladie.

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Quelle attitude adopter face à un être aimé souffrant d’anorexie/boulimie ? Volet 1 : À éviter

Nous verrons dans le prochain article, ce qu’il est préférable d’adopter

Commençons par un récit en 4 tableaux…

Danaée,  où le parcours d’une anorexique…

Danaée avait 13 ans quand elle en sombra dans l’enfer face à la nourriture. Plutôt mignonne, brillante élève, elle commença alors à faire une fixation sur son poids. Chaque partie de son corps fût scrutée avec mépris et considérée comme une masse de gras dégoulinante.
Dire qu’elle se voyait obèse est un euphémisme et pourtant la balance, elle, n’affichait que 35 kilos pour son mètre 60…
Elle s’enferma dans son monde, un monde hyper intellectualisé, où apprendre était sa seule façon de trouver sens à la vie. Un monde où la nourriture n’était que faiblesse humaine et s’affamer était perçu comme un ultime contrôle, une ultime performance.
Les jours commencèrent à être rythmés par le sport à outrance, les études et le calcul minutieux des calories ingérées…

Thérèse ou le témoignage d’une mère d’anorexique

Elle ne savait plus à quel Saint se vouer ; jamais on n’avait connu pareil problème dans la famille ! Pensez donc, une famille italienne où la nourriture est sacrée que dis-je divinisée ! Elle n’avait rien vu venir, elle pensait que sa fille voulait juste perdre 3-4 kilos rien de plus…Elle était si belle avec ses formes qui commençaient à voir le jour ! Et brillante élève avec ça : toujours première de classe, elle avait déjà à son actif quelques prix, quelques récompenses. Et puis, ce fut la chute, aujourd’hui en regardant sa fille, elle avait l’impression qu’elle sortait d’un camp de concentration ! Comment en était-elle arrivée là !? La culpabilité la tenaillait chaque jour davantage, qu’avait-elle fait ou manqué pour que sa fille sombre dans cette souffrance ? Et ce sentiment d’être devant un mur inébranlable contre lequel elle se sentait totalement impuissante…

Marc, jeune frère d’une anorexique

« Punaise, qu’est-ce qu’elle me gave avec ses minauderies ! Non, mais c’est pas possible, je suis sûr qu’elle compte la moindre calorie de ses 20 grammes de salade ! Elle va finir pas nous gâcher tous les repas de famille ! Mais bouffe bon sang, bouffe !  Et fous la paix aux autres ! Quoi ?  Tu ne veux pas des spaghettis ? Trop gras ?  T’inquiète, je vais les manger moi ! Heureusement que je suis là pour faire honneur à la cuisine de maman ! Note que l’avantage c’est que je peux me resservir à l’aise ! J’ai bien l’intention de profiter de la vie moi ! ».

Georges, le père

Décidemment, il ne comprenait plus rien aux femmes ! Il était sur le chemin du retour après une longue journée de travail, il rentrait chez lui…
Depuis quelques mois il appréhendait ce moment, plus particulièrement le moment du repas familial. Sa fille avait fondu et refusait systématiquement de se nourrir correctement, se contentant d’une pomme et de quelques feuilles de salade par jour. Sa femme quant à elle la harcelait sans cesse pour qu’elle mange ; ce qui avait pour seul résultat des conflits et des tensions. Sa  fille était obsédée par la nourriture qu’elle ingérait et son épouse obsédée par la nourriture que n’ingérait pas sa fille ! Il ne parvenait plus à se positionner, il avait bien saisi qu’entrer en lutte ne servait à rien mais il ne savait pas quoi faire d’autre et craignait que tout cela ne finisse par déteindre sur son couple et sur son fils. Ce dernier n’avait que 7 ans et respirait la joie de vivre depuis qu’il était né…Si seulement tout rentrait dans l’ordre …

Comme on peut le voir, être proche d’une personne souffrant d’anorexie ou de son autre versant, la boulimie, est loin d’être facile à vivre aussi. Si la personne en proie à un TCA est prisonnière d’une obsession infernale, ses proches sont en proie avec de vifs sentiments d’impuissance, d’incompréhension, de découragement.

L’être aimé ne vit plus qu’à travers la nourriture et son poids. Vous le voyez se métamorphoser, fondre ou grossir à vue d’œil. Ses variations d’humeur vous désarçonnent, vous ne le reconnaissez plus, vous êtes perdu. Chaque jour apporte son lot de conflits, d’interrogations, de discussions sans fin. Vous ne savez plus quelle attitude adopter, il vous semble avoir déjà tout essayer : des témoignages d’affection, de la rudesse, l’expression de vos angoisses, le chantage, la menace…Rien n’y fait, vous vous retrouvez face à un mur immuable. Vous vous sentez spectateur impuissant d’une souffrance chaque jour plus grande, d’une dégradation sans cesse croissante. Et vous souffrez aussi, la déprime vous gagne également. Vous culpabilisez, vous cherchez en vain une réponse à ce mal-être si étrange à vos yeux. Vous vous sentez pris en otage d’une situation qui vous échappe.

Le trouble prend ainsi toute la place dans la dynamique familiale, chacun membre voit sa vie rythmée d’une façon ou d’une autre par lui. Certains  parents en arrivent parfois à s’oublier complètement dans cette quête de sauver leur enfant.

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Quelques pistes pour comprendre les besoins qui se cachent derrière notre envie de manger !

Le besoin de manger sans fin est un symptôme complexe qui vient illustrer que d’autres besoins ne sont pas satisfaits en vous. Alors plutôt que de se juger encore et encore, acceptons l’idée de mieux se connaître, de mieux cerner ses besoins afin de pouvoir y répondre autrement.

Explorons ensemble quelques-uns de ces besoins en attente d’être écoutés.

Un besoin de…:

  • d’affection, de tendresse, d’amour : et ce que l’on soit seul(e) ou en couple. On peut parfois être entouré(e) et sentir une solitude immense en soi, avoir l’impression d’être incompris(e). C’est alors dans la nourriture que l’on trouvera cette chaleur, ce réconfort.
  • de compenser d’autres frustrations liées notamment aux soucis financiers : « J’ai du mal à m’offrir quoi que ce soit, du mal à tout payer, alors je me réfugie dans la nourriture en guise de plaisir ».
  • de reconnaissance : besoin d’exister, d’être accepté(e) comme on est, d’être aimé avec nos qualités et nos défauts, d’être reconnu dans nos compétences
  • d’un espace à soi, de temps pour soi alors que l’on courre d’une activité à l’autre pour le travail, pour les enfants…Manger devient alors son seul moment de plaisir personnel.
  • d’intimité sexuelle, d’une vie sexuelle de qualité alors que l’on est célibataire ou que cette sphère est désertique au sein du couple.

Si vous vous retrouvez dans l’un de ces besoins insatisfaits, prenez le temps de les sonder, de les identifier car à force de trouver refuge dans la nourriture, on ne sait même plus ce qui se cache derrière. Une fois le repérage réalisé, mettez votre esprit en mode solution :

« Comment puis-je combler ce besoin autrement ? ». Et peu importe que les réponses viennent tout de suite ou pas tout de suite, ça n’a pas d’importance. Vous brancher à « comment en sortir ? » finira par vous ouvrir des pistes même si cela prend un peu de temps.

– de prendre votre place, de tenir compte de vous

Si vous avez davantage le sentiment que vous mangez parce que vous êtes trop empathique, que vous donnez trop de vous-même aux autres au détriment de vos propres envies, les pistes à creuser sont différentes.
Là il s’agira plutôt d’apprendre à dire non et à mettre vos limites. Pour cela, commencez aussi par une opération de repérage : Quelles sont les situations où vous avez dit oui alors que vous aviez envie de dire non ? Quelles sont les personnes pour lesquelles vous avez tendance à vous sacrifier ? Quels sont les contextes où vous êtes particulièrement vulnérable ?

Une fois ce travail de détective effectué, donnez-vous du temps avant de répondre aux gens ; évitez les réponses à chaud et optez plutôt pour : « j’y réfléchis et je te reviens demain avec ma réponse ». Cela vous laissera un espace pour donner une réponse en toute conscience et qui tienne compte de votre véritable envie.
Souvenez-vous que pour pouvoir donner, il importe aussi de se recharger en énergie !
Il y a les autres ET vous, pas les autres OU vous.
Vous avez tout à fait le droit d’être imparfait(e), de ne pas être toujours en forme et disponible.

– d’être parfait(e) en toutes circonstances

Ici, c’est la dureté envers vous-même qui vous tue et vous pousse à manger. L’exigence est telle que la pression interne est constante. Si par malheur vous fautez (du moins à vos yeux), vous devenez expert dans l’art de vous culpabiliser, de vous fustiger ! Histoire de rajouter de la pression en plus !
Pour rappel : trop de contrôle et vous encourrez un énorme risque d’avoir un symptôme qui échappe à votre volonté !
Si vous êtes dans ce cas de figure, appuyez aussi sur pause quelques instants : repérez les moments de compulsions, voyez s’il y a un lien avec une situation où vous avez été trop exigent(e) envers vous-même, une situation où vous vous êtes méprisé(e) ?
Si oui, fort à parier que l’excès de nourriture est là pour vous punir vous-même d’une faute…réelle ou imaginaire (plus souvent imaginaire qu’autre chose d’ailleurs 🙂 )
Identifiez les phrases assassines de votre esprit critique et apprenez à les nuancer : ce n’est pas parce que vous n’avez pas pu accomplir une tâche aujourd’hui que vous êtes le dernier des nuls pour l’éternité !!

– de vous rebeller

La diététicienne a concocté pour vous un régime super strict ? Le médecin vous sermonne parce que vous avez pris du poids et que vous ne faites pas de sport ? Votre conjoint(e) vous harcèle parce que vous mangez trop ? Vous vous bottez les fesses vous-même pour maigrir de façon draconienne ?
Et vlan, une partie de vous se révolte et, comme un pied de nez à l’autorité, vous mangez le double !

Si cet état de fait vous parle, commencez aussi par un petit bilan :
« Est-ce qu’il m’est déjà arriver de dévaliser une pâtisserie par colère envers ma propre tyrannie ou celle d’un autre ? »
Profitez-en pour repérer les mots « gâchette » tels que : « je dois, je devrais, j’aurais dû, il faut que, tu dois, tu devrais, tu aurais dû… ». Toutes ces expressions ont l’art de titiller le rebelle en nous et de provoquer un état inverse. Optez pour un langage plus doux, plus bienveillant, vous verrez, c’est beaucoup plus efficace !

Conclusion

Faire le bilan de nos besoins insatisfaits constitue une étape parfois douloureuse. La tentation de continuer à les fuir est grande et c’est humain. Néanmoins, le seul moyen d’en sortir est de faire face à nos zones en souffrance ; c’est le seul chemin possible vers la guérison. Une fois que la carte de vos besoins est claire, mettez-vous en quête de les satisfaire d’une façon saine et équilibrée pour vous, à votre rythme, à la vitesse qui vous convient. Et parfois, se faire aider accélère le parcours 😉

Je vous souhaite des moments d’écoute attentive envers vous-même tout au long de la semaine.

Je vous embrasse

Florence
Pour potentialiser votre bien-être et vous aider à devenir la meilleure version de vous-même !

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J’ai maigri…Et maintenant ? Tous mes problèmes sont résolus ?

A quoi doit se confronter la personne qui perd du poids ?
Entre rêve et réalité, que se passe-t-il ?

On est bien d’accord que si la chute de masse corporelle s’accompagne d’un travail sur soi, elle peut être source de joie, d’un sentiment de libération et de légèreté.
Mais si on fait juste régime, les désillusions peuvent être violentes.

Voyons ensemble quelques-uns de ces écueils ?

 

  • Tout d’abord, pour certains, ce sera la faim : de celle qui tenaille, qui obsède, qui rend irritable, qui rend dingue.

 

  • N’ayant plus de quoi se remplir, la tendance sera d’exprimer davantage sa fibre empathique en s’occupant encore plus des autres. Précisons que cette réaction constitue un danger de renforcer le problème lié à la nourriture. Plus la personne s’oublie, plus elle sera tentée par les compulsions alimentaires ou autres.

 

  • L’individu qui jusque là, avait régulé son système émotionnel autour de la nourriture se retrouve face à tous ses stress émotionnels et toutes ses angoisses sans savoir quoi en faire. Il est nu face à lui-même et tout ce qui le tiraille. S’il ne met pas en place d’autres habitudes saines pour se détendre et développer son estime de soi, le risque est de bien vite remanger, reprendre du poids ou de se tourner vers une autre addiction.

 

  • Certes la silhouette s’est affinée, et si certains arrivent à s’en réjouir pleinement, d’autres sont confrontés à la même frustration qu’avant : un corps toujours imparfait à leurs yeux.Avant la perte de poids, on pouvait s’imaginer avec un corps de rêve une fois plus mince.Après l’amaigrissement, le même souci de perfection vient narguer certaines personnes : la cellulite est toujours là, on n’a pas maigri là où on voulait, on a l’air parfois plus agé(e), sans sport les muscles s’affaissent, des vergetures apparaissent et comme on est toujours aussi exigeant et intolérant envers soi-même, l’enfer continue à battre son plein.Ainsi, pour certains, la douleur revient au galop en constatant que mincir ne veut pas dire avoir un corps de Déesse ou d’Apollon ! Le rêve s’écroule.

 

  • D’autres encore, peuvent avoir l’impression de perdre leur originalité parce qu’ils s’étaient donnés une image de bon vivant avec qui il était bien agréable de sortir et d’aller dans de bons restaurants. Dans ce cas de figure, la vie sociale en prend un coup et ils ont juste la sensation d’être rentrés dans le rang des gens « ordinaires ». Ces personnes ne savent plus qui elles sont, leur perception d’elle-même vacille :Comment se comporter lors des diners maintenant ? Sera-t-on rejeté ? Doit-on éviter les sorties ? Faut-il retomber dans ses anciens mécanismes pour paraître bon vivant ?Rester mince s’accompagne parfois d’une rigidification du caractère et des attitudes avec toutes les répercussions que cela peut engendrer dans la relation aux autres.

 

  • Parlant de l’attitude de l’entourage, de nombreuses surprises peuvent affluer :Il y aura les gens que ça dérange, qui se sentiront jaloux de votre succèsIl y aura ceux qui vous méprisaient avant et qui tout d’un coup sont sympas avec vous : si certains en seront ravis, d’autres ressentiront un sentiment d’injustice, de révolte, de dégoût face à ce changement d’attitude.Il y aura ceux qui vous soumettront à la tentation parce qu’ils ont peur des autres conséquences que la perte de poids peut avoir sur vous (plus de confiance, plus envie d’aller à la rencontre des autres..).

    D’autres encore, eux-mêmes en surpoids, vous verront comme celui qui a trahi, qui est sorti du clan des « plus forts ».

    Et bien sûr, il y aura ceux qui sont méga heureux pour vous, qui vous soutiendront, qui vous encourageront et qui vous aimeront de façon inconditionnelle (mince ou pas)

    Et heureusement d’ailleurs 🙂

 

  • Si maintenant on aborde le sujet de la séduction, les cas de figures sont aussi variables.Certaines personnes peuvent se sentir revivre, réalisent qu’elles ont un nouveau corps : la confiance augmente ainsi qu’une certaine aura.D’autres, malgré la perte de poids, perçoivent leur corps toujours aussi bien portant et ne savoure pas ces types de sentiments.

    D’autres encore se rendent compte qu’elles manquent toujours autant de confiance en elle et que par conséquent, ça ne change pas grand chose !

    Enfin, certaines femmes craindront d’attirer trop le regard désirant des hommes voire même de se faire agresser.

  • Il  y a aussi ceux qui se rendront compte que leur poids leur servait d’excuse pour éviter de sortir de leur zone de confort, pour justifier leur manque de succès ou pour ne pas devoir faire face à d’autres peurs (ex : si je ne trouve pas d’emploi c’est parce que je suis gros(se)).

 

  • Et finalement, quelques individus entreront dans une course folle à la perte de kilos et sombreront dans une obsession et une restriction de tous les instants afin de ne pas reprendre…Plus rien d’autre n’aura d’importance et in fine, la vie tournera toujours autour du poids  et de l’acte de manger!

Que faire alors ?

Rester en surpoids ?

Votre envie de vous sentir plus confortable et bien de votre corps est légitime, votre objectif ne doit pas être abandonné pour autant.

Simplement ne faites pas l’économie d’un travail sur vous-même, mince ou pas, l’apprentissage est le même : celui de s’aimer avec ses perpétuelles imperfections, celui d’être bienveillant envers soi-même, celui de s’affirmer et de poser ses limites.

Ne rentrez pas non plus dans des restrictions trop sévères, vous savez combien vous risquez l’effet yo yo en faisant cela. Sur le plan de la santé, ces pertes et ces reprises auront des conséquences beaucoup plus néfastes que d’être simplement en surpoids de façon constante.

Travaillez aussi sur vos peurs sous-jacentes à l’idée de maigrir, sur vos croyances, comme par exemple :

  • « Si je suis plus séduisante, je risque d’attirer les regards et de me faire agressée »
  • « Est-ce que mon entourage m’aimera encore si je maigris et que je suis plus mince que mes proches ? »
  • « Est-ce que les autres me verront encore ou serai-je invisible à leur yeux ? »
  • « Est-ce que je ne deviendrai pas une personne égocentrique, est-ce que je n’entrerai pas dans une boulimie de séduction ? »

L’essentiel est que votre évolution vous porte vers plus de bien-être et de sérénité. Un poids idéal où la vie serait parfaite n’existe pas ; une façon de s’alimenter sans faille n’existe pas non plus. Apprenez à vous aimer, à trouver le poids qui vous convient le mieux indépendamment des normes véhiculées. Réconciliez-vous avec la belle personne que vous êtes et le reste suivra…C’est dans la mesure où la minceur cesse d’être une obsession qu’elle devient accessible.

Je vous envoie mes plus belles pensées pour que vous preniez bien soin de vous !

Florence
Pour potentialiser votre bien-être et vous aider à devenir la meilleure version de vous-même !

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Maigrir : il y a qu’à manger moins, il y a qu’à faire du sport…Yaka ? Vraiment ???

Mais non yakapa !
A part culpabiliser la personne en surpoids et mettre une pression supplémentaire, ce discours oublie pas mal de réalités !

Pour commencer, comment prendre facilement soin de son corps alors que l’on ne s’aime pas. En général, on consacre peu de temps aux gens qu’on n’apprécie pas. L’amour pour nos proches est souvent un moteur puissant ; sans amour, difficile de s’investir pour eux, pas vrai ?

Un des premiers problèmes est bien là : la personne en surcharge pondérale a souvent du mal avec son image qui lui semble tellement loin de ce qu’elle voudrait ; elle a du mal avec ce corps qui l’encombre.
Elle pense qu’elle s’aimera…quand elle aura maigri ! Alors seulement elle pourra le bichonner, bien l’habiller, le mettre en valeur.
Et c’est à coup sûr un faux démarrage ! Des résultats durables ne peuvent survenir que si je commence à accepter, puis accueillir, puis aimer mon corps. C’est parce que j’aurai appris à l’aimer que je serai motivée à le rendre plus attrayant et que j’y mettrai le meilleur de moi-même.

Entamer un régime en se détestant est voué à l’échec, tôt au tard, on laissera tomber.
Si nous apprenons d’abord à nous considérer avec respect et bienveillance, alors prendre soin de nous deviendra une évidence.

Idem pour le sport avec une donnée supplémentaire :

Facile à dire à une personne de corpulence plus forte qu’elle doit aller à la salle de sport !
Sauf que si elle ne s’aime pas, elle aura trop honte de ce corps que pour le montrer aux yeux de tous. Combien de personnes en surpoids disent ne pas oser mettre un maillot et aller à la piscine (ou à la plage) ?
Outre un corps qu’on déteste, il va falloir montrer que notre endurance et nos performances ne sont pas au top. Exit les sports d’équipe où on aura peur d’être à la traîne et de ralentir les autres, exit les sports où il faut exhiber son corps, exit les sports où on est trop visible.
Si l’activité physique peut aider à réintégrer son corps, c’est d’abord la peur du regard des autres qu’il faudra atténuer, apaiser. Comment peut-on demander à une personne qui ne se supporte pas de faire du sport en salle ou un massage du corps ? Alors que jusqu’à présent son principe était justement d’éviter ce corps.

Alors que faire ?

Y aller en douceur !
Commencer par de petites choses :

  • Faire sa toilette avec bienveillance 🙂

  • Prendre le temps de se maquiller si on est une femme
  • Faire un gommage dans son bain
  • Mettre du lait corporel

  • Ne pas attendre de maigrir pour mettre des vêtements que l’on aime et dans lesquels on se sent bien
  • Trouver le style qui met notre silhouette plus en valeur
  • Apprendre à repérer les choses que l’on aime dans son enveloppe corporelle
  • Se regarder un peu plus souvent et se parler avec douceur : d’abord habillée puis nue
  • Faire des exercices de sophrologie ou de relaxation : prendre conscience de la réalité du corps au travers une série de contractions musculaires suivies de relâchements.
  • Marcher régulièrement ou prendre un peu plus souvent les escaliers sont déjà de belles avancées. S’imposer un sport intensif alors que le corps souffre est insensé et risqué.

Car le comble de l’histoire, c’est que si on utilise l’exercice pour vraiment maigrir, il faut déjà y aller ! Visez le sport pour être en meilleure forme, en meilleure condition, pour accélérer votre métabolisme, mais si c’est pour fondre, vous n’aurez pas assez de 10 heures semaines à une cadence infernale.

Comment peut-on penser que la personne va trouver l’activité physique attrayante si elle ne fait que la confronter à un sentiment de lourdeur et de maladresse ?
Ce qui nous motive le plus dans la vie : c’est d’éviter la douleur, le déplaisir ou de pouvoir imaginer le plaisir que l’on va retirer d’un changement.
Si déjà c’est une épreuve de faire du sport et qu’in fine, on perd peu : faut pas avoir fait math sup pour comprendre le découragement des gens et leur abandon !

Commencez par quelque chose de doux, de progressif, l’augmentation des dépenses se fera tranquillement.
Trouvez votre propre formule et gardez le cap. Testez pas à pas ce qui vous convient le mieux.
Si on vous dit de faire 100 pompes alors que vous n’en avez jamais fait, beaucoup de chances que vous abandonniez avant même de commencer ! Par contre si on vous propose d’en faire 3 pendant une semaine, puis 5….L’impression est tout de suite plus confortable.

Ces petits gestes quotidiens d’un quart d’heure, faits avec assiduité, vont doucement entamer le processus de réconciliation et entraîner une diminution des prises alimentaires. Tous ces petits auto-traitements une fois intégrés permettront d’aller plus loin et de se confronter davantage à des activités extérieures.

Conclusion

Pour que votre corps puisse évoluer vers le meilleur, il faut d’abord partir de ce qu’il est, là maintenant. Pour qu’un enfant grandisse et évolue au mieux, c’est l’amour de ses parents qui sera le plus efficace. Il ne pourra jamais se développer harmonieusement si ses parents le haïssent, le maltraitent. Alors, pourquoi ne pas avoir cette même attitude, ce même respect envers nous-mêmes ?

Une question ? Un commentaire ? N’hésitez pas 🙂

Je vous envoie le plein de douceur de vivre !

Florence
Pour potentialiser votre bien-être et vous aider à devenir la meilleure version de vous-même !

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La potomanie : lorsque l’eau elle-même devient une drogue !

Mais que recouvre donc ce terme ?

Parfois répertoriée dans les troubles du comportement alimentaire, la potomanie consiste en un besoin permanent et irrépressible de boire de l’eau (préférentiellement de l’eau même si d’autres liquides peuvent y être associés).
La compulsion est telle, que la consommation peut parfois aller jusqu’à 10 litres par jour !

Si l’on entend souvent dire qu’il faut bien s’hydrater pour être en forme, il faut savoir qu’au-delà d’un certain nombre de litres, le corps ne parvient plus à gérer ni à éliminer.

La diminution de sodium au sein de l’organisme atteint un seuil dangereux avec son lot de nausées, crampes, migraines, douleurs dans les membres…
Les reins ne savent plus suivre et on peut aboutir à une véritable intoxication par eau avec une rétention hydrique et des oedèmes parfois conséquents, voire mortels (notamment au niveau du cerveau).

Des raisons parfois physiologiques

J’ai souligné plus haut que ce trouble était « parfois » répertorié comme TCA.
En effet, la potomanie n’est pas toujours un trouble d’ordre psychologique.
D’autres raisons de santé peuvent en être à l’origine (on parlera alors plutôt de polydipsie) :

  • Un problème de diabète sucré.
  • Un problème de diabète insipide ne permettant pas aux reins de fonctionner normalement et avec absence de l’hormone antidiurétique.
  • Dérèglement des centres cérébraux s’occupant de la soif.
  • Troubles neurologiques avec atteinte de certaines zones du cerveau.
  • Conséquences d’une prise médicamenteuse donnant un sentiment de soif aigu.

Je ne m’étendrai pas davantage sur cet aspect médical pour revenir à la potomanie en tant que trouble psychologique

Comportements

L’entourage ne s’en rend pas toujours compte et ne s’en formalise pas vu qu’il s’agit simplement d’eau, mais le sujet va, l’air de rien, organiser sa journée autour de sa problématique. Il sera toujours accompagné d’une bouteille d’eau et sera un assidu des cafétérias, bistrots (et pas pour boire de l’alcool), distributeurs…
Notons au passage qu’il fréquente aussi beaucoup les toilettes environnantes 🙂 en raison d’une polyurie marquée (sécrétion d’urines en quantité importante)

Causes psychologiques

Notons que la potomanie est plus souvent un trouble associé à une autre souffrance qu’une maladie en tant que telle.

  • Elle peut être un symptôme secondaire à une maladie mentale (cf. la schizophrénie, démence, psychose)
  • Elle peut être l’objet d’un TOC (Trouble Obsessionnel Compulsif)
  • Elle peut accompagner la personne boulimique lorsqu’elle tente de remplir le vide en elle sans avoir recours à la nourriture.
  • Elle sera l’alliée de la personne anorexique lorsque celle-ci est soumise à la pesée par ses proches ou le personnel médical. Il s’agit alors de boire beaucoup d’eau en peu de temps pour que l’aiguille affiche plus sur la balance. L’eau lui permettra aussi de moins sentir la faim.

Traitement

Il découlera du problème de base : si le problème primaire est un trouble psychiatrique, il faudra donner le traitement approprié.

Sinon, la prise en charge thérapeutique est assez similaire à celle des personnes qui souffrent de troubles du comportement alimentaire.

Des questions ? Un commentaire ? C’est ici dessous que ça se passe 🙂

Florence
Pour potentialiser votre bien-être et vous aider à devenir la meilleure version de vous-même !

 

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